Rapport 2025 : Une augmentation persistante des crimes racistes et antireligieux en France
Le ministère de l'Intérieur a dévoilé ce mercredi 25 mars 2026 son bilan annuel pour l'année 2025, révélant une hausse préoccupante des crimes et délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux. Les forces de l'ordre ont enregistré plus de 9 700 infractions de cette nature, marquant une augmentation de 5% par rapport à l'année précédente. Bien que cette hausse représente une décélération relative par rapport aux augmentations plus fortes observées en 2023 et 2024, le niveau global reste alarmant, particulièrement dans la capitale.
Analyse détaillée des chiffres clés
En 2025, les services de police et de gendarmerie nationale ont recensé précisément 9 700 crimes ou délits motivés par le racisme, la xénophobie ou l'antireligion. Cette progression de 5% est toutefois inférieure à la hausse moyenne annuelle de 7% enregistrée sur la période 2016-2025. Les injures publiques constituent la moitié de ces infractions, selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).
Les atteintes à la vie et les violences, incluant trois homicides aboutis et trois tentatives d'homicide, ainsi que les atteintes aux biens, représentent chacune environ 6% du total. Les victimes sont majoritairement des hommes (59%) âgés de 25 à 54 ans, tandis que les jeunes de moins de 25 ans ne représentent que 20% des cas.
Disparités géographiques marquées
Paris se distingue par un taux particulièrement élevé, avec plus de trois fois la moyenne nationale en matière de crimes ou délits racistes enregistrés. La capitale affiche 2,1 victimes pour 10 000 habitants, contre une moyenne nationale de 1,4. À l'inverse, les départements comme la Lozère, le Cantal, la Creuse et le Gers présentent les taux les plus faibles.
Évolution contrastée des contraventions
Les contraventions pour des faits similaires commis en privé ont, quant à elles, diminué de 6% entre 2024 et 2025. Plus de 6 700 contraventions ont été dressées, principalement pour injures, provocations ou diffamations. Le ministère souligne que ces chiffres reflètent à la fois l'évolution réelle du phénomène et une meilleure prise en compte par les services de sécurité.
Contexte et perspectives
Cette hausse de 5% en 2025 contraste avec la forte augmentation de 30% enregistrée en 2023, liée en partie au conflit au Proche-Orient et à la recrudescence des actes antisémites en France. Le ministère de l'Intérieur insiste sur le fait que l'évolution des chiffres dépend aussi de la propension des victimes à déclarer ces actes et de l'amélioration des procédures d'enregistrement par les forces de l'ordre.



