Un procès historique pour violation de la vie privée
Le prince Harry et six autres personnalités britanniques, dont Elton John et l'actrice Elizabeth Hurley, réclament des dommages-intérêts substantiels à la société éditrice du Daily Mail. Leur procès pour atteinte à la vie privée devant la Haute Cour de Londres s'achève ce mardi après plus de deux mois d'audiences souvent émotionnelles.
Des accusations graves contre Associated Newspapers
Les plaignants accusent Associated Newspapers Ltd (ANL), propriétaire du Daily Mail et du Mail on Sunday, d'avoir obtenu des informations sur leur vie privée de manière illégale. Les méthodes incriminées incluraient le recours à des détectives privés, l'écoute de conversations confidentielles et l'obtention frauduleuse de données médicales sensibles.
Dans leurs conclusions écrites finales, les avocats des célébrités ont déclaré : « Il est demandé à la Cour d'accorder des dommages-intérêts substantiels à chacun des plaignants pour l'usage abusif d'informations à caractère privé les concernant. »
Des témoignages chargés d'émotion
Le prince Harry, qui vit désormais en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, a livré un témoignage particulièrement poignant. Au bord des larmes en janvier dernier, il a accusé les tabloïds d'avoir rendu la vie de son épouse « absolument infernale » et expliqué comment les intrusions répétées dans sa vie privée l'avaient rendu « paranoïaque à l'extrême ».
L'actrice Liz Hurley a également fondu en larmes en décrivant comment des micros auraient été placés sur les fenêtres de sa maison, qualifiant ces agissements de « monstrueux ». Elton John a quant à lui fustigé les « odieuses » atteintes à sa vie privée, notamment l'accès présumé à des données médicales entourant la naissance de son fils Zachary.
La défense du Daily Mail
La société ANL conteste fermement toutes les accusations, affirmant que ses journalistes ont toujours travaillé « dans les règles » en utilisant des sources d'information légitimes. Sam Greenhill, reporter en chef du Daily Mail, a qualifié les accusations d'écoutes téléphoniques de « foutaises absolues » devant le tribunal.
Une autre journaliste, Barbara Jones, a témoigné qu'elle avait personnellement trouvé des informations sur l'ancienne petite amie de Harry sans recourir à des méthodes illégales. Cependant, un détective privé américain, Dan Portley-Hanks, a déclaré avoir travaillé pour le Daily Mail sur des sujets liés au prince Harry, reconnaissant avoir effectué « des choses illégales » sans pouvoir se souvenir précisément des détails.
Un contexte plus large
Ce procès représente le dernier épisode de la croisade judiciaire menée depuis plusieurs années par le prince Harry contre la presse à scandale britannique. Le fils cadet du roi Charles III tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère, la princesse Diana, en 1997 à Paris, et accuse régulièrement la presse de harcèlement envers son épouse Meghan.
Après les dernières plaidoiries, la décision du juge sera rendue par écrit à une date ultérieure. Ce verdict pourrait établir un précédent important concernant les limites de l'investigation journalistique et la protection de la vie privée des personnalités publiques au Royaume-Uni.



