L'avocat de Claude Guéant menace d'un complément d'attestation face à Sarkozy
Guéant : son avocat menace d'un complément d'attestation face à Sarkozy

L'avocat de Claude Guéant menace d'un complément d'attestation face à Sarkozy

La défense de l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy a prévenu, ce mercredi, qu'un complément d'attestation serait transmis à la cour d'appel en cas de nouvelles mises en cause de la probité de son client. « La mémoire revient parfois quand on est mis en cause », a déclaré l'avocat de Claude Guéant, Me Philippe Bouchez El Ghozi, dans un entretien à l'AFP. Il a ajouté que son client était prêt à fournir ce document supplémentaire si l'ancien président persistait dans ses attaques devant la cour d'appel jugeant le dossier libyen.

Une rupture provoquée par Sarkozy

Mardi, Me Bouchez El Ghozi a versé au débat une attestation écrite de Claude Guéant, qui ne peut assister à l'audience pour raisons de santé. Dans ce document, l'octogénaire a rompu spectaculairement avec son ancien patron, après que Nicolas Sarkozy a évoqué des doutes sur sa probité à la barre. « Cette rupture a été provoquée non pas par Claude Guéant mais par Nicolas Sarkozy la semaine dernière, qui a complètement changé de tactique en décidant de mettre en cause Claude Guéant », a dénoncé l'avocat. Il a rappelé qu'en première instance, il y a un an, l'ex-chef de l'État dépeignait son ancien bras droit comme un « honnête homme ».

Changement de stratégie de l'ancien président

Selon Me Bouchez El Ghozi, ce changement de stratégie de Nicolas Sarkozy vise à « se défausser et prétendre ainsi qu'il n'était pas au courant des demandes libyennes sur la situation judiciaire du dignitaire libyen Abdallah Senoussi et des instructions données par lui à cet effet ». L'avocat a insisté : « Tout ce qu'a fait Claude Guéant l'a toujours été dans le cadre de ses fonctions et sur instructions de Nicolas Sarkozy ».

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Contexte de l'affaire libyenne

En première instance, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, jugé coupable d'avoir laissé Claude Guéant et Brice Hortefeux rencontrer clandestinement Senoussi. Ce dernier avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commandité l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989, qui a fait 170 morts dont 54 Français. Le tribunal correctionnel a estimé que ces réunions avaient pour objet de nouer un « pacte de corruption ». Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy ont toujours nié ce scénario, les deux premiers affirmant avoir été « piégés » et assurant qu'ils n'avaient pas informé leur coprévenu de ces tête-à-tête.

Conséquences potentielles

Me Bouchez El Ghozi a estimé que la décision de Nicolas Sarkozy de mettre en cause Claude Guéant « non seulement cela ne lui fera pas gagner un point devant la Cour mais cela devrait lui nuire ». Il a menacé : « Je pense que toute nouvelle mise en cause de Claude Guéant, sur ses actions menées dans le cadre de ses fonctions ou sur sa probité, fera l'objet d'un complément d'attestation ». Cette déclaration souligne la tension croissante entre les anciens alliés dans cette affaire judiciaire complexe.

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