L'absence médicale de Claude Guéant bouleverse le procès en appel du financement libyen
Le procès en appel du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 connaît un rebondissement majeur avec l'absence forcée de l'un de ses principaux protagonistes. Claude Guéant, l'ancien secrétaire général de l'Élysée âgé de 81 ans, ne pourra pas comparaître devant la cour d'appel de Paris, ni actuellement ni dans les mois à venir, selon une expertise médicale lue à l'audience ce mardi.
Une condamnation lourde en première instance
En première instance, Claude Guéant avait été l'un des prévenus les plus sévèrement sanctionnés par le tribunal correctionnel de Paris. Il avait écopé de six ans de prison pour une série impressionnante de délits incluant corruption, trafic d'influence passive, faux et usage de faux, ainsi qu'association de malfaiteurs. Contrairement à Nicolas Sarkozy, le tribunal n'avait cependant pas assorti cette peine d'un mandat de dépôt, tenant compte de l'état de santé déjà fragile de l'ancien haut fonctionnaire.
Un calendrier judiciaire substantiellement modifié
Cette absence médicale pourrait substantiellement modifier le calendrier du procès, initialement prévu jusqu'au 3 juin. Claude Guéant, qui apparaissait dans la plupart des volets de cette affaire complexe, devait être entendu à plusieurs reprises par la cour d'appel. Son témoignage était particulièrement attendu concernant sa rencontre occulte du 30 septembre 2005 avec Abdallah Senoussi, considéré comme le numéro deux du régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi.
La rencontre avec Senoussi au cœur du « pacte corruptif »
Pour l'accusation comme pour les juges de première instance, cette rencontre constitue l'un des éléments centraux du « pacte corruptif » présumé. Selon cette thèse, un soutien financier occulte à la campagne de Nicolas Sarkozy aurait été promis en échange de plusieurs contreparties, notamment un examen de la situation judiciaire de Senoussi. Ce dernier, recherché par la justice française après sa condamnation à perpétuité pour son rôle dans l'attentat contre le DC-10 d'UTA au-dessus du Niger en 1989 - qui avait coûté la vie à 170 personnes dont 54 Français - aurait tablé sur l'accession à la présidence de Nicolas Sarkozy pour obtenir une amnistie ou une grâce.
Dix prévenus devant la cour d'appel
Au total, dix personnes, dont Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, sont actuellement jugées en appel dans cette affaire retentissante. Un onzième protagoniste du dossier figure également parmi les prévenus, bien que sa mort, non encore notifiée à la justice française, laisse planer le doute sur sa participation effective au procès. L'absence de Claude Guéant, témoin clé de cette affaire, pose désormais des questions pratiques et stratégiques pour le déroulement des audiences à venir.



