Grève totale à la prison de Dijon : les agents dénoncent une surpopulation explosive
Grève totale à la prison de Dijon contre la surpopulation

Grève totale à la maison d'arrêt de Dijon contre une surpopulation explosive

« On est tous là. C'est rare ! », souligne Frédéric Stoll, secrétaire général FO Justice, devant les grilles fermées de la maison d'arrêt de Dijon, en Côte-d'Or. Depuis jeudi matin, l'établissement pénitentiaire est « totalement bloqué » par une grève des agents qui dénoncent une situation devenue intenable.

Un barrage symbolique et un mouvement unanime

Devant l'entrée de la prison, quelque 70 agents ont installé un barrage fait de pneus de tracteurs et de palettes, empêchant toute circulation. « Tout le monde dit que ça ne va pas », assure Frédéric Stoll, précisant que « 100 % des personnels » ont cessé le travail dès 5h30 jeudi matin, soit une centaine d'agents. Ce mouvement bloque toutes les sorties et entrées, ainsi que les promenades et visites, bien qu'un service minimum soit maintenu pour les détenus.

Une surpopulation carcérale alarmante à 260%

Les syndicats réclament « un désencombrement immédiat » de la maison d'arrêt qui compte actuellement 311 détenus pour un taux d'occupation vertigineux de 260%. « On va se retrouver avec une montée des incidents ou une mutinerie », avertit Romain Bernier, secrétaire général de l'union régionale du syndicat UFAP.

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Les conditions de détention sont particulièrement préoccupantes :

  • Les détenus sont à trois dans des cellules de 9 m²
  • Une cinquantaine dorment sur des matelas à même le sol
  • Cette promiscuité génère tensions et conflits permanents

« Les agents ne vont pas tenir », estime Romain Bernier, rappelant que « il y a eu trois blessés la semaine dernière ». À titre de comparaison, la densité carcérale moyenne en France est de 135,8%, plaçant déjà le pays parmi les plus mauvais élèves européens, derrière la Slovénie et Chypre.

Un établissement vétuste au cœur des préoccupations

« C'est explosif », résume Frédéric Stoll, évoquant les craintes des syndicalistes de voir se répéter des événements comme la double évasion de novembre dernier. Deux détenus s'étaient alors enfuis « à l'ancienne », en sciant simplement la grille de leur fenêtre, mettant en lumière la vétusté de cette prison construite en 1853.

Depuis cet incident, des travaux ont été engagés dans le cadre du plan « zéro portable » annoncé par le ministère de la Justice, dont bénéficient six établissements dont Dijon. Un budget de 6,34 millions d'euros doit y être alloué pour :

  1. L'installation de caillebotis aux fenêtres
  2. La mise en place de dispositifs antidrones
  3. L'amélioration générale de la sécurité

Mais pour Romain Bernier, « la première des sécurités, c'est les personnels ». Il rappelle les missions essentielles que les agents ne peuvent plus assurer correctement faute d'effectifs suffisants : les fouilles, les contrôles réguliers et la vérification systématique des barreaux aux fenêtres. Cette grève met ainsi en lumière le cercle vicieux entre vétusté des infrastructures, sous-effectif chronique et surpopulation carcérale, créant des conditions de travail et de détention dangereuses pour tous.

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