Affaire Grégory : Christine Villemin attaque une ex-journaliste en diffamation
Grégory : Christine Villemin poursuit une ex-journaliste

Christine Villemin, innocentée en 1993 dans l’affaire du meurtre de son fils Grégory, intente un procès en diffamation contre l’ex-journaliste Marie-France Lefèvre-Bezzina. L’audience se tiendra ce lundi 12 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. La mère de Grégory réclame 100 000 euros de dommages et intérêts, alors que l’ancienne correspondante de 82 ans persiste à l’accuser sur les réseaux sociaux.

Des accusations répétées sur Facebook

Marie-France Lefèvre-Bezzina, aujourd’hui âgée de 82 ans, a publié en juin 2025 sur Facebook un message affirmant : « Il n’y a pas besoin d’aveu : elle n’a fait que mentir ». Une semaine plus tôt, elle écrivait « L’assassin habite au 21 », en référence au numéro de la rue du domicile actuel de Jean-Marie et Christine Villemin. Le lendemain, elle ajoutait : « Imaginez ces enfants dont les deux parents sont des assassins », en rappelant la condamnation de Jean-Marie Villemin pour le meurtre de son cousin Bernard Laroche en mars 1985.

Ces publications s’inscrivent dans une série d’assertions hostiles diffusées depuis des années sur internet. L’ex-journaliste est membre du groupe Facebook « Affaire Grégory = mensonge d’État », qui compte environ 6 600 membres. Elle n’y est pas une anonyme : avec son mari Jean-Michel Bezzina, elle a collaboré sous pseudonymes avec huit médias nationaux, dont Le Figaro, France-Soir et Le Parisien, dès les premières heures de l’affaire.

Un procès pour « tolérance zéro »

L’avocat de Christine Villemin, Me François Saint-Pierre, a déposé une citation directe, une procédure simplifiée courante en matière de diffamation. Il écrit que « Madame Lefèvre-Bezzina est d’une totale mauvaise foi : elle a proféré à l’encontre de Christine Villemin des accusations d’une gravité majeure », aggravées par « la qualité de journaliste qu’elle revendique publiquement » et « la réitération de ses propos diffamatoires ». Il a insisté auprès de l’AFP : « Désormais, nous ne laisserons plus rien passer, c’est tolérance zéro ».

Christine Villemin, âgée de 66 ans, ne sera pas présente au tribunal. L’un des avocats de la prévenue, Me Antoine Fittante, a indiqué à l’AFP qu’il demanderait la relaxe en soulevant « des moyens de forme et de fond ».

Un passé judiciaire chargé

Ce n’est pas la première confrontation entre les époux Villemin et Marie-France Lefèvre-Bezzina. Il y a 30 ans, l’ex-journaliste avait attaqué les parents de Grégory pour diffamation après la parution de leur livre « Le seize octobre » (Plon). Le tribunal l’avait déboutée, relevant son « parti pris et son manque d’objectivité ».

Rappelons que le corps du petit Grégory, entravé par des cordelettes, avait été retrouvé le 16 octobre 1984 dans la rivière Vologne, à quelques kilomètres du domicile familial de Lépanges-sur-Vologne (Vosges). Christine Villemin, inculpée d’assassinat et placée en détention préventive pendant 11 jours, avait bénéficié en 1993 d’un non-lieu avec une formule inédite : « absence totale de charges ». Elle détient toujours le record d’indemnisation journalière de détention indue.

L’affaire Grégory est toujours en cours d’instruction, notamment dans l’attente de résultats d’expertises ADN et de stylométries. Ce procès en diffamation pourrait être l’occasion de revenir sur les zones d’ombre de cette affaire criminelle jamais résolue.