Un prévenu qui nie les faits
Ce mercredi 6 mai 2026, le tribunal correctionnel de Grasse a jugé un dossier lourd d'agression et harcèlement sexuels. Dans le box, le prévenu, S., est arrivé en parlant fort, sans filtre. Mais lorsqu'il a été question des faits, il s'est fermé comme une huître, affirmant : « Je ne me souviens plus des faits. »
S. comparaissait pour deux infractions : harcèlement sexuel par voie électronique et agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans.
Une agression en juin 2023
Les faits remontent au 28 juin 2023. La victime, A., est une adolescente de 15 ans en situation de précarité alimentaire. Pour gagner un peu d'argent, elle avait posté une annonce sur Le Bon Coin pour proposer ses services de ménage. Lorsqu'elle est arrivée chez S., elle a immédiatement noté son comportement inapproprié. Des regards insistants sur sa poitrine l'ont mise mal à l'aise. Tétanisée, elle a subi la masturbation de cet homme de 45 ans au-dessus d'elle, qui a également tenté de lui faire une fellation. Des traces de sperme ont été retrouvées sur son débardeur et son pantalon, la jeune fille s'étant essuyée avec ses propres vêtements.
Un harcèlement envers la contrôleuse judiciaire
L'affaire aurait pu s'arrêter là, mais S. a continué à faire parler de lui. Il devait répondre à une contrôleuse judiciaire dans le cadre de ses obligations, mais il ne s'est jamais présenté aux convocations. En revanche, la contrôleuse a reçu de nombreux messages et photos très crus, notamment une photo d'une culotte cadenassée avec sa clé. Malgré ses tentatives de bloquer le numéro, elle a également été appelée au standard et a reçu de nombreux appels anonymes ou de numéros inconnus.
La décision du tribunal
Me Rachel Lhote, conseil des victimes, a déclaré : « Les faits sont imbriqués, et tous en rapport avec un comportement sexuel déviant. » De son côté, Me Marie-Pierre Heintze Le Donne, avocate du prévenu, a souligné l'importance de la personnalité de son client, revenant sur ses errements psychiatriques. Le procureur Gwennhael De-Clercq avait requis cinq ans d'emprisonnement.
Présidé par Mariel Dubreuil, le tribunal a condamné S. à trois ans de prison ferme, assorti d'une interdiction d'exercer une activité avec des mineurs, d'une inscription au Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS), ainsi que d'une interdiction de paraître et d'entrer en contact avec les victimes.



