Licenciement choc du grand rabbin du Raincy pour insubordination
Grand rabbin du Raincy licencié pour insubordination

Au Raincy, en Seine-Saint-Denis, un renvoi inhabituel provoque la stupeur. Le grand rabbin de la ville, Moché Lewin, a annoncé avoir été licencié par le Consistoire de Paris, une procédure exceptionnelle qui suscite un vif émoi dans une partie de la communauté juive.

Un licenciement pour insubordination

« J'ai reçu ces derniers jours, du Consistoire de Paris, la notification d'une décision mettant fin à mes fonctions » au Raincy où il officiait depuis vingt-neuf ans, a affirmé lundi dans un communiqué cette figure du judaïsme français. Moché Lewin a précisé avoir été licencié pour « insubordination » après avoir créé fin décembre au Raincy un érouv, dispositif symbolique permettant d'assouplir les règles du shabbat. Le Consistoire de Paris, qui est son employeur, et le Beth din (tribunal religieux) de Paris lui reprochent de ne pas avoir attendu leur feu vert pour ce dispositif. Et sans « validations obligatoires », « des décisions parfois difficiles comme des fins de collaboration par exemple s'imposent », selon le communiqué.

Le rabbin se défend

Le rabbin explique, lui, que son érouv, conçu dans « le seul souci de répondre à des besoins concrets de la vie juive locale », est issu d'une réflexion « en lien avec des experts reconnus » et « sur la recommandation » de la Conférence des rabbins européens (dont il est vice-président) et du grand rabbin de France Haïm Korsia. Ce dernier a d'ailleurs pris sa défense dans plusieurs courriers, demandant au président du Consistoire de Paris David Amar de « mettre un terme immédiat » à « cette procédure inadmissible ». Moché Lewin, qui avait au printemps suspendu son érouv, se targue aussi de l'appui du Grand rabbin d'Israël.

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Une pétition de soutien

Ce licenciement fait des vagues dans la communauté juive du Raincy, forte de quelques milliers de personnes. Une pétition de soutien affichait ainsi lundi 1.100 signatures. « Ça crée une crise, les gens ne sont pas du tout contents », affirme Hadassa Malka Tebol, figure de la communauté juive locale. « Ce n'est pas un problème de loi juive, mais d'ego », soupire un autre, qui parle de « règlement de comptes », à la suite de frictions anciennes avec le Consistoire de Paris.

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