Strasbourg : une gourou mise en examen pour emprise sectaire et enrichissement frauduleux
Gourou strasbourgeoise mise en examen pour emprise sectaire

Une affaire d'emprise sectaire devant la justice strasbourgeoise

La justice de Strasbourg a mis en examen Aurélia Aymé pour des faits graves de blanchiment, travail dissimulé et surtout pour "abus frauduleux de l'état de sujétion psychologique dans un contexte sectaire". Selon la procureure Clarisse Taron, les pratiques d'emprise de la mise en cause lui ont permis de s'enrichir considérablement tandis que plusieurs de ses adeptes ont été complètement ruinés.

Des investigations approfondies sur des faits remontant à 2017

Les faits reprochés à Aurélia Aymé ont été commis depuis décembre 2017 principalement dans la région strasbourgeoise et dans le département du Rhône. Un juge d'instruction mène des investigations approfondies depuis septembre 2024 suite au dépôt de trois plaintes initiales qui ont révélé l'ampleur du système mis en place.

Une gourou sans formation aux méthodes inquiétantes

Aurélia Aymé, qui ne possède aucune formation de thérapeute, se présentait pourtant comme dotée de pouvoirs surnaturels. Le parquet de Strasbourg a cependant établi qu'"une partie de sa légende n'était qu'affabulation". Se déclarant experte en "thérapie du centre" et en "tarot de Marseille", elle attirait ses clients via son site internet où elle proposait des séances payantes de "communication sensorielle et émotionnelle", le plus souvent en visio-conférence.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un système d'emprise et d'isolement méthodique

Selon les éléments de l'enquête, "rapidement, elle envahissait la sphère privée de ses patients et les isolait de leur famille". Les adeptes les plus fervents, tout en la rémunérant généreusement, en étaient réduits à effectuer des tâches domestiques pour elle : ménage, courses, préparation des repas, sans compter l'achat régulier de cadeaux. Cette emprise psychologique systématique a conduit à la ruine financière de plusieurs personnes sous son influence.

Des saisies importantes et un mari également mis en cause

Les investigations ont permis la saisie de 300 000 euros sur les comptes bancaires d'Aurélia Aymé et de son mari. Ce dernier, infirmier de profession, a également été mis en examen pour les mêmes faits. Il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction formelle de contacter les victimes et de pratiquer les soins énergétiques qu'il proposait parallèlement.

Cette affaire met en lumière les mécanismes d'emprise sectaire qui peuvent se développer sous couvert de pratiques thérapeutiques alternatives, et rappelle la vigilance nécessaire face aux dérives de certains pseudo-thérapeutes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale