Giulia Foïs réclame 300.000 euros à Radio France pour licenciement abusif
Après l'arrêt de son émission sur France Inter, la journaliste Giulia Foïs a réclamé, mercredi 1er avril 2026, un total d'environ 300.000 euros d'indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse au groupe public Radio France devant les prud'hommes. Son avocate, Me Françoise Davideau, a confirmé cette information à l'AFP à l'issue de l'audience. La décision sera rendue le 1er juillet 2026. La journaliste et productrice n'était pas présente à l'audience au conseil de prud'hommes de Paris.
La question contractuelle au cœur du litige
Le litige porte sur la nature de ses contrats successifs avec Radio France, des CDD (contrats à durée déterminée) dits d'usage (CDDU). Ces contrats temporaires sont courants à la radio et à la télévision, où une émission peut ne pas être reconduite d'une saison sur l'autre. Le recours à ces contrats a déjà souvent donné lieu à des contentieux dans le secteur audiovisuel.
L'avocate de Giulia Foïs, Me Françoise Davideau, a demandé que les multiples CDDU de sa cliente soient requalifiés en CDI (contrat à durée indéterminée). Elle a fait valoir que cette dernière exerçait un emploi durable au sein du groupe public, où son premier contrat remonte à l'année 2000 et où elle a travaillé sans interruption à partir de 2011.
Interprétations contradictoires des avocats
On considère que la rupture de ce contrat est un licenciement sans cause réelle et sérieuse, a plaidé Me Davideau. Un argument rejeté par l'avocate de Radio France, Me Christine Lecomte. La loi autorise le secteur de l'audiovisuel à signer des CDDU, a souligné Me Lecomte. La grille de programmes change, on ne va pas tous les ans laisser la même grille pendant quarante-cinq ans.
Selon Me Davideau, l'ensemble des demandes de sa cliente se monte à environ 300.000 euros, incluant des rappels de salaires ou de primes et une indemnisation pour préjudice moral. À l'inverse, Me Lecomte a réclamé que Giulia Foïs soit déboutée de l'intégralité de ses demandes, en contestant en outre le calcul des montants.
Une rupture qualifiée d'inhumaine
Fin avril 2025, la direction de France Inter avait annoncé à la productrice l'arrêt de son émission sociétale En marge pour la saison actuelle. Elle était diffusée le samedi soir. Me Davideau a assuré que la radio n'avait rien proposé du tout à sa cliente pour la suite et a fustigé l'inhumanité de la rupture de son contrat.
Me Lecomte a rétorqué que différentes propositions avaient été faites à Giulia Foïs, notamment un débat de société hebdomadaire, mais qu'elle les avait refusées. Cette affaire met en lumière les tensions récurrentes entre journalistes et employeurs dans le secteur public audiovisuel, où les contrats précaires sont fréquemment contestés.



