Un gendarme dénonce six ans de racisme à la Garde républicaine, une enquête ouverte
Gendarme dénonce racisme à la Garde républicaine, enquête ouverte

Un gendarme accuse la Garde républicaine de racisme, une enquête est lancée

Une enquête judiciaire a été ouverte à Paris suite à la plainte d'un gendarme qui dénonce des actes de harcèlement raciste au sein de la Garde républicaine, selon des informations obtenues ce dimanche par l'AFP de sources concordantes. Le militaire, âgé de 29 ans et dont le prénom a été modifié en Ryan pour préserver son anonymat, a déposé plainte le 17 décembre pour des faits de harcèlement moral et de diffamation non publique. Il a été entendu par les autorités le 21 janvier, comme l'a confirmé une source proche du dossier.

Une lettre insultante déclenche la plainte

Le 16 décembre 2025, Ryan a reçu dans sa boîte aux lettres un courrier anonyme contenant des insultes racistes. Le message, qui faisait référence à une tenue traditionnelle algérienne portée par le gendarme lors d'un mariage en dehors de ses heures de service, stipulait : « On est en France ici habille-toi comme tel sale bougnoule ». Cet incident a poussé Ryan à saisir la justice pour dénoncer ce qu'il décrit comme six années de racisme subies au sein de l'institution, comme il l'a raconté à l'AFP et à Mediapart.

Des propos racistes dès l'arrivée dans l'unité

Ryan se souvient avec amertume de son premier entretien avec son commandant, qu'il qualifie de « sketch » révélateur. Lors de cette rencontre, le commandant lui aurait lancé des remarques déplacées, telles que : « J'ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne » et « Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan ». Il lui aurait également donné un conseil qualifié d'« amical » : « Je vais te demander de te faire très petit et de t'acclimater ». Selon Ryan, cette situation initiale s'est rapidement transformée en une suspicion permanente de la part de ses collègues.

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Il rapporte notamment qu'après une interpellation d'un assaillant, des collègues lui ont demandé s'il le connaissait « parce qu'il parlait arabe ». De plus, il affirme que ses visiteurs étaient systématiquement contrôlés « comme des délinquants ». Son avocat, Seydi Ba, s'est indigné de cette situation, déclarant : « Servir la France pendant toutes ces années n'a pas protégé mon client du racisme au sein même de son institution. Si le racisme frappe jusque-là, il frappe partout ».

La réponse de la gendarmerie face aux accusations

Contactée par l'AFP, la gendarmerie nationale a confirmé qu'une enquête est en cours concernant ces allégations. Elle a également rappelé les mesures mises en place pour lutter contre les discriminations en interne, notamment un plan d'action « tolérance zéro » vis-à-vis des comportements discriminatoires. La gendarmerie a développé un réseau de prévention et d'accompagnement avec des référents égalité-diversité, ainsi que des plateformes et dispositifs de signalement.

De plus, elle a instauré un Observatoire de la Gendarmerie pour l'Égalité et contre les Discriminations (OGED), qui couvre l'égalité professionnelle, la diversité et la lutte contre les harcèlements, les discriminations et les violences, tant dans le domaine interne que dans le cadre des missions de sécurité au contact de la population. La gendarmerie affirme que les signalements sont immédiatement traités pour assurer un environnement respectueux et équitable pour tous ses membres.

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