Freeze Corleone condamné à 15 mois avec sursis pour apologie du terrorisme
Freeze Corleone : 15 mois avec sursis pour apologie du terrorisme

Le rappeur Issa Lorenzo Diakhaté, connu sous le nom de scène Freeze Corleone, a été condamné ce lundi 27 avril 2026 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de 15 mois de prison avec sursis et à une amende de 50 000 euros pour apologie publique d'un acte de terrorisme. Cette décision fait suite à des paroles controversées dans son titre « Haaland », interprété en duo avec le rappeur allemand Luciano, qui évoquent l'attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice, ayant causé 86 morts et des centaines de blessés.

Une peine assortie de mesures complémentaires

Outre la peine d'emprisonnement avec sursis et l'amende, Freeze Corleone se voit interdire de séjour dans le département des Alpes-Maritimes pendant une durée de trois ans. Il devra également verser 2 800 euros à chacune des 23 parties civiles, ainsi qu'aux associations « Life for Nice » et « Une voix des enfants : 14 juillet 2016 », au titre du préjudice moral. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, avait requis 18 mois de prison avec sursis, qualifiant le rappeur de « Dieudonné du rap français » lors de ses réquisitions.

Des paroles jugées implicites mais condamnables

L'enquête, ouverte en février 2024, visait les paroles du morceau « Haaland » : « En défense j'suis Kalidou, t'es Lenglet. Burberry comme un grand-père anglais. J'arrive dans l'rap comme un camion qui bombarde à fond sur la (silence) ». Bien que le nom de la promenade des Anglais ne soit pas explicitement cité, le tribunal a estimé que la référence était suffisamment claire pour constituer une apologie du terrorisme. Cette interprétation s'appuie sur un arrêt de la Cour de cassation du 31 mars 2026, qui précise que l'apologie du terrorisme peut être constituée de manière implicite.

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Réactions des parties : regret pour la défense, satisfaction pour les victimes

Me Adrien Chartron, avocat du rappeur, a exprimé son regret et sa surprise : « Les poursuites du procureur de la République ne reposent pas sur des éléments factuels tangibles. Si on peut poursuivre et condamner les gens en France sur la base de ce qui n'existe pas, c'est l'arbitraire le plus total. » Il a annoncé que la voie de l'appel semble évidente. À l'inverse, Me Marie-Pierre Lazard, avocate de l'association « Une voix des enfants : 14 juillet 2016 », s'est félicitée de la décision : « Les victimes vont être très heureuses. Ce jugement était attendu et il est extrêmement important. Il met un coup d'arrêt à cette espèce de justification au nom de la liberté d'expression, de pouvoir impunément appeler à la haine. »

Un passif judiciaire pour le rappeur

Ce n'est pas la première fois que Freeze Corleone fait face à la justice. En 2020, il avait été visé par une enquête pour provocation à la haine raciale après la diffusion de clips contenant des paroles comme « J'arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 » ou « tous les jours RAF de la Shoah ». Cette enquête avait été classée sans suite, mais son label Universal Music avait rompu son contrat, dénonçant des « propos racistes inacceptables ».

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