Féminicide de Lisa à Nice : perpétuité requise contre l'ex-compagnon, 15 ans pour le complice
Féminicide de Lisa à Nice : perpétuité requise contre l'ex

Féminicide de Lisa à Nice : la réquisition sévère de l'avocate générale

Ce jeudi soir, devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, l'avocate générale Sabine Neale a requis la peine maximale contre Khalid El Haddad, l'ex-compagnon de Lisa Toupenet. Elle a demandé la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans pour assassinat. Pour son coaccusé, Ayoub Belboukhari, elle a requis quinze années de réclusion pour complicité d'assassinat, avec une interdiction définitive du territoire français.

Un acte prémédité selon l'accusation

« L'acte était prémédité », a affirmé Sabine Neale, décrivant le crime comme le fruit d'« une succession d'actions réfléchies et organisées ». Pour elle, Khalid El Haddad « avait un plan » lorsqu'il a conduit Lisa Toupenet dans le parking souterrain du 193 boulevard de la Madeleine à Nice, où il l'a étranglée le 1er janvier 2022.

L'avocate générale a rejeté les « déclarations incohérentes, sans queue ni tête » de l'accusé, soulignant qu'il avait parfaitement compris que Lisa voulait refaire sa vie malgré son « déni de la séparation ». « L'avoir tuée un 1er janvier n'est peut-être pas un hasard... », a-t-elle suggéré, évoquant la symbolique de cette date.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des menaces répétées devenues réalité

Sabine Neale a rappelé les menaces proférées à plusieurs reprises par Khalid El Haddad devant Lisa et ses quatre enfants : « Si un jour elle doit me quitter, je la tue ! ». « Ce ne sont pas que des mots. C'est une annonce. C'est un avertissement », a-t-elle asséné, ajoutant que « ça n'a pas explosé d'un coup le 1er janvier 2022. Le vase était déjà plein quelques jours avant l'homicide ».

Cette référence concernait un courrier manuscrit rédigé par El Haddad peu après Noël 2021, qui témoignait selon elle de sa détermination criminelle.

La défense des parties civiles

L'avocate des parties civiles, Me Rozenna Gorlier, a pointé les mensonges d'« un lâche » et a défendu avec véhémence l'image de la victime. « Elle est décrite par tout le monde comme quelqu'un de pudique, discret. Et on veut nous faire croire que c'est elle qui l'a provoqué ? C'est vous qui êtes dysfonctionnel ! », a-t-elle lancé à l'accusé.

Me Gorlier a insisté sur le caractère prémédité du crime : « La seule raison pour laquelle il rentre dans ce parking, c'est que c'est un endroit clos, à l'abri des regards. Tout cela ne ressemble pas vraiment à un coup de sang... ». Elle a rappelé que la scène de crime avait duré vingt minutes, l'étranglement lui-même trois à quatre minutes : « Il a fallu être déterminé ».

« L'amour ne tue pas »

L'avocate des parties civiles a dénoncé le comportement de Khalid El Haddad qui avait « traqué » Lisa, guidé par « l'égoïsme, l'égocentrisme ». « L'amour n'a rien à faire là-dedans. L'amour ne violente pas. L'amour n'enferme pas. L'amour ne tue pas », a-t-elle martelé devant la cour.

Sabine Neale a pour sa part écarté l'hypothèse qu'El Haddad ait voulu se suicider après le crime, estimant au contraire qu'il voulait faire du mal à leur fille Inès. À ces mots, l'accusé jusqu'alors stoïque s'est exclamé « C'est pas vrai ! » avant de quitter le box le temps de se calmer.

Verdict attendu ce vendredi

Ce vendredi matin, la défense de Khalid El Haddad et d'Ayoub Belboukhari plaidera à son tour. Les avocats auront fort à faire face aux réquisitions sévères de l'avocate générale et aux arguments accablants des parties civiles.

Le verdict de ce procès pour féminicide particulièrement médiatisé est attendu dans la journée de vendredi, clôturant une audience marquée par l'émotion et la gravité des faits reprochés.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale