Le fisc présente ses excuses à l'ex-otage Benjamin Brière après une réponse jugée inacceptable
Fisc s'excuse auprès d'un ex-otage pour réponse inacceptable

Le fisc présente ses excuses à l'ex-otage Benjamin Brière après une réponse jugée inacceptable

De retour en France après 1.079 jours de captivité en Iran, l'ex-otage Benjamin Brière a été confronté à une situation administrative qualifiée de lunaire. L'administration fiscale lui a reproché de ne pas avoir déclaré ses revenus pendant sa détention, provoquant l'indignation et des excuses publiques de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Une réponse fiscale jugée inacceptable

Benjamin Brière, libéré en mai 2023, a raconté au Journal du Net son échange avec une agente des impôts. On m'a demandé pourquoi je n'avais rien déclaré depuis quatre ans. J'ai expliqué que j'étais en prison. Ce à quoi l'agente des impôts m'a dit que même en prison, on fait sa déclaration, a-t-il témoigné. Lorsqu'il a précisé qu'il était détenu dans une prison iranienne, la réponse a été cinglante : Dans ce cas, votre famille aurait pu le faire.

Benjamin Brière a souligné l'absurdité de cette demande, expliquant que pendant sa captivité, il avait un accès très limité à sa famille. La première année, je n'ai pas pu dire un mot à ma famille. La deuxième année, j'avais un quart d'heure de téléphone toutes les quatre à six semaines. Autant dire que les impôts, c'était loin d'être ma priorité, a-t-il déclaré.

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Les excuses de la DGFiP

Face à l'indignation suscitée par ce témoignage, la DGFiP a publié un mea culpa sur X ce dimanche 12 avril 2026. Elle a reconnu un premier contact anormal avec une agente dans un service des impôts qui n'a pas perçu la gravité de sa situation. La réponse qui lui a été apportée est inacceptable, a écrit la DGFiP, ajoutant regretter vivement que Benjamin Brière n'ait pas bénéficié de toute l'attention qu'il convenait de lui apporter.

La DGFiP a assuré que sa situation avait été rapidement régularisée dans un autre centre et que tout a été mis en œuvre pour s'assurer que ce type de situation ne puisse pas se reproduire.

Un problème systémique pour les ex-otages

Le fisc n'est pas le seul service de l'État auquel Benjamin Brière s'est heurté. À son retour, il était aussi radié de partout : Sécurité sociale, France Travail. Quelle que soit la bonne volonté des agents, ils ne peuvent pas aider Benjamin Brière parce que la case "otage" n'existe pas, a résumé le député des Côtes-d'Armor Éric Bothorel, qui est intervenu pour débloquer sa situation.

C'est pourquoi Benjamin Brière se bat désormais pour la création d'un statut d'otage d'État. Ce statut permettrait de créer un guichet unique pour faciliter les démarches administratives des anciens détenus arbitraires et d'aider financièrement leurs familles. Une reconnaissance qui pourrait aussi bénéficier à Cécile Kohler et Jacques Paris, récemment libérés des geôles iraniennes.

Cette affaire met en lumière les lacunes administratives face aux situations exceptionnelles, soulignant la nécessité d'une réforme pour mieux accompagner les citoyens dans des circonstances extrêmes comme la captivité à l'étranger.

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