Fin de la détention dans l'affaire du financement libyen de 2007 : Alexandre Djouhri libéré
Il n’y a désormais plus aucun prévenu détenu dans l’affaire dite du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Dernier protagoniste encore en détention, l’intermédiaire franco-algérien Alexandre Djouhri a été remis en liberté ce mercredi 10 décembre, a fait savoir son avocat, Me Pierre-Henri Bovis.
Une libération après des mois de détention
Alexandre Djouhri avait été condamné le 25 septembre 2025 à six ans d’emprisonnement ferme, trois millions d’euros d’amende et une interdiction de gérer pour blanchiment aggravé, corruption active, trafic d’influence actif et association de malfaiteurs. Le tribunal avait délivré contre lui un mandat de dépôt avec exécution provisoire, conduisant à sa détention à la prison de la Santé, dès le prononcé du jugement.
Djouhri avait présenté une première demande de mise en liberté, rejetée début novembre par la cour d’appel de Paris, qui avait estimé qu’il présentait un risque de fuite et des garanties de représentation « particulièrement faibles », justifiant son maintien en détention provisoire au regard des critères du code de procédure pénale. Djouhri envisageait de résider dans un appartement situé rue de Miromesnil, à quelques immeubles des bureaux de Nicolas Sarkozy, avec un bail pris par l’associé de son cousin.
Après une nouvelle requête, la cour d’appel a finalement décidé de faire droit à sa demande de remise en liberté ce mercredi. Il est désormais sous contrôle judiciaire strict, avec interdiction de quitter l’Île-de-France, obligation de pointer, de remettre ses passeports aux autorités et interdiction d’entrer en contact avec ses coprévenus.
Vers un procès en appel où tous les prévenus seront libres
« C’est un soulagement pour lui et pour sa défense et c’est la stricte application du droit. Alexandre Djouhri a témoigné, tout au long de la procédure dans l’affaire dite libyenne, depuis sa remise volontaire aux autorités, à Londres, en vue d’une extradition vers la France en 2020, jusqu’au procès de première instance, de sa parfaite représentation en justice. De sorte que sa détention provisoire était dénuée de tout fondement », réagit son avocat, Me Bovis.
Les deux autres détenus du dossier, incarcérés après le jugement de première instance du 25 septembre, comparaîtront libres, eux aussi, lors du procès en appel qui doit s’ouvrir le 16 mars prochain à Paris. Nicolas Sarkozy a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans d’emprisonnement ferme pour association de malfaiteurs, tout en étant relaxé des chefs de recel de détournement de fonds publics, de financement illégal de campagne et de corruption passive. La juridiction avait ordonné un mandat de dépôt à effet différé, ce qui avait conduit l’ex-président à la prison de la Santé, le 21 octobre. Il y a été détenu vingt jours, avant que la cour d’appel de Paris n’ordonne sa remise en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre. Nicolas Sarkozy, en attendant d’être jugé en appel, a démarré la promotion de son livre Journal d’un prisonnier (Fayard), dans lequel il relate son « expérience » carcérale.
Incarcéré à la barre dès le jugement du 25 septembre, le banquier suisse Wahib Nacer, 81 ans, avait été reconnu coupable de complicité de trafic d’influence, de blanchiment aggravé de fraude fiscale et de blanchiment de corruption, et condamné à quatre ans de prison ferme pour avoir participé aux flux financiers mis en place par Alexandre Djouhri au profit de dirigeants libyens et de l’ancien ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant (condamné pour sa part à six ans ferme, mais sans mandat de dépôt en raison de son état de santé). La cour d’appel de Paris avait fait droit à la demande de remise en liberté de Nacer, le 28 octobre, après un mois derrière les barreaux.
Cette libération marque un tournant dans cette affaire judiciaire complexe, où tous les principaux accusés seront désormais libres lors du procès en appel, soulevant des questions sur l’équilibre entre détention provisoire et garanties de représentation.



