Exécution d'un Français en Chine : le nombre de condamnés à mort français réduit à trois
Le ministère des Affaires étrangères a confirmé samedi une nouvelle tragique : Chan Thao Phoumy, un Français condamné à mort en Chine en 2010 pour trafic de drogue, a été exécuté à Canton, dans le sud du pays. Cette exécution réduit désormais à trois le nombre de citoyens français se trouvant dans le couloir de la mort à travers le monde, selon les données de l'association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) pour l'année 2025.
Les trois Français encore condamnés à mort dans le monde
Nora Lalam est la première personne sur cette liste inquiétante. Condamnée à mort en Algérie en avril 2005, son âge exact reste inconnu. La situation de cette Française est entourée d'un voile de mystère, comme l'indique l'ECPM : « Un grand flou persiste sur les causes de son arrestation et son éventuelle double nationalité ». L'association précise même qu'elle ignore si Nora Lalam est toujours en vie, ce qui ajoute à l'incertitude concernant son sort.
Deux Français condamnés au Maroc pour terrorisme
Les deux autres Français dans le couloir de la mort sont Stéphane Aït Idir, âgé de 53 ans, et Redouane Hammadi, 55 ans. Tous deux ont été condamnés au Maroc pour leur implication dans l'attentat de Marrakech de 1994. Originaires de La Courneuve en Seine-Saint-Denis, ces deux hommes figuraient parmi les principaux inculpés de cette attaque qui avait coûté la vie à deux personnes à l'hôtel Atlas-Asni de Marrakech.
Stéphane Aït Idir possède la double nationalité franco-algérienne, tandis que Redouane Hammadi est franco-marocain. Leur parcours est particulièrement troublant : ils avaient quitté la France pour rejoindre le djihad en Afghanistan et à Peshawar au Pakistan en 1992 et 1993, avant de se rendre au Maroc où ils ont perpétré l'attentat qui leur a valu leur condamnation à mort. Selon les informations rapportées par Le Monde, ces deux hommes, accompagnés d'un troisième complice, ont ouvert le feu sur des clients de l'hôtel avant de s'emparer de la caisse.
Une situation différente pour les trois condamnés restants
Contrairement à Chan Thao Phoumy qui a été exécuté en Chine, les trois Français encore condamnés à mort sont incarcérés dans des pays qualifiés de « en moratoire sur les exécutions » par l'ECPM. Cette distinction est cruciale : bien que la peine de mort reste en vigueur dans ces États, aucune exécution n'y a été recensée depuis au moins dix ans. Ces pays ne s'opposent pas non plus à la dernière résolution des Nations unies en faveur d'un moratoire universel sur les exécutions capitales.
Le cas de Serge Atlaoui : une issue différente
Un autre Français, Serge Atlaoui, avait également été condamné à mort en Indonésie en 2007. Son cas a connu une résolution différente grâce à un accord diplomatique intervenu en février 2025. Transféré en France à cette date, sa peine a été commuée par la justice française en trente ans de réclusion criminelle. Serge Atlaoui a finalement recouvré la liberté en juillet dernier, mettant fin à son long calvaire judiciaire.
La situation des trois Français encore condamnés à mort reste donc préoccupante, même si leur incarcération dans des pays en moratoire sur les exécutions offre un espoir quant à leur sort ultime. Leur cas continue d'alimenter les débats sur la peine de mort et la protection des citoyens français à l'étranger.



