Ancien patron des Stups condamné pour trafic de cannabis à Paris
Ex-patron des Stups condamné pour trafic de cannabis

Un ancien patron de la lutte antidrogue condamné pour trafic

Dans une affaire qui a profondément ébranlé les services de police français, l'ancien patron de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Bordeaux à un an de prison avec sursis. Le magistrat l'a reconnu coupable d'avoir « apporté son aide à un trafic » de stupéfiants, concernant le déplacement de sept tonnes de cannabis en plein Paris.

La relaxe réclamée par le parquet

Malgré les réquisitions du parquet, qui avait demandé la relaxe en estimant ne pas être « convaincu » de la responsabilité pénale du commissaire, les juges ont retenu sa culpabilité. Le tribunal a particulièrement reproché à François Thierry de ne pas avoir opéré de surveillance sur cette cargaison massive, qui était pourtant censée faire l'objet d'un contrôle policier dans le cadre d'une opération d'infiltration.

Le commissaire, qui dirige actuellement le Service de la transformation numérique de la police nationale, a quitté le palais de justice sans commentaire. Son avocate, Me Angélique Peretti, a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision.

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Un informateur condamné à 20 ans de prison

Le principal informateur de François Thierry, Sophiane Hambli, âgé de 50 ans, a été jugé en son absence et condamné à la peine maximale de 20 ans de prison, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Actuellement détenu au Maroc, un mandat d'arrêt a été délivré à son encontre.

Le tribunal a identifié Sophiane Hambli comme le « seul commanditaire » de la drogue découverte en octobre 2015 boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris. L'intéressé conteste cette version, affirmant n'avoir été que le « logisticien » d'une livraison surveillée par la police.

Une stratégie d'infiltration controversée

François Thierry a défendu tout au long du procès la stratégie « Myrmidon » qu'il avait mise en œuvre pendant son mandat à la tête de l'Ocrtis entre 2010 et 2016. Cette approche consistait à infiltrer des filières de trafic grâce à des informateurs, quitte à laisser entrer des stupéfiants sur le territoire français pour ensuite remonter aux têtes de réseau.

La présidente du tribunal a cependant estimé que le commissaire avait agi « hors cadre juridique » en s'opposant aux investigations d'autres services policiers, en facilitant le transfert de stupéfiants, et en soustrayant un téléphone utilisé pour communiquer avec son informateur.

Cette affaire retentissante a conduit à une réforme profonde des méthodes de lutte antidrogue en France, remettant en question les limites de la collaboration entre policiers et informateurs dans le cadre d'opérations d'infiltration.

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