Procès en appel de l'ex-maire de La Seyne : Nathalie Bicais reconnaît des erreurs
Ex-maire de La Seyne en appel : « Des choses que je ne referais pas »

L'ancienne maire de La Seyne-sur-Mer face à la justice en appel

Nathalie Bicais, l'ancienne maire de La Seyne-sur-Mer, comparaît devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence depuis le 7 avril 2026. Elle est poursuivie pour deux délits de prise illégale d'intérêts, dans une affaire qui mêle urbanisme et recrutement municipal. Le parquet général a requis la confirmation du jugement de première instance rendu le 16 mai 2025 à Toulon, qui avait prononcé une peine de cinq ans d'inéligibilité avec effet immédiat.

Un permis de construire au cœur des accusations

Le premier chef d'accusation concerne l'obtention en août 2021 d'un permis de construire pour la rénovation et l'extension de 38 m² de sa maison personnelle. Cette autorisation, signée par le directeur général des services de La Seyne, aurait dû être soumise au conseil municipal pour éviter tout conflit d'intérêts. « Avec le recul, il y a des choses que je ne referais pas du tout », a concédé l'ex-élue lors de l'audience.

Nathalie Bicais affirme qu'elle ignorait cette règle de procédure, un argument qui a suscité l'étonnement de la cour. Le président a rappelé qu'elle avait été cheffe de cabinet d'un ancien maire de Sanary-sur-Mer, Ferdinand Bernhard, lui-même condamné pour des faits similaires. « Je vois a posteriori que j'aurais dû être plus vigilante », a-t-elle reconnu, tout en insistant sur le fait que son projet respectait les règles d'urbanisme.

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Des recrutements et un prêt problématiques

Le second volet de l'affaire porte sur les conditions de recrutement de Christophe Riqueau, un proche de la maire, qui a bénéficié d'une série de cinq contrats à durée déterminée à la mairie. Si la réalité des emplois et les compétences du concerné ne sont pas contestées, les liens personnels entre les deux protagonistes et l'absence de publicité pour le poste posent question.

La justice s'intéresse particulièrement à un prêt de 100 000 euros accordé par Christophe Riqueau à Nathalie Bicais pour financer son projet immobilier. Ce dernier, devenu directeur de cabinet de la maire, est poursuivi pour recel du délit de prise illégale d'intérêts. « J'ai effectivement fait une erreur d'appréciation en prêtant de l'argent à Mme Bicais », a-t-il déclaré, tout en niant toute contrepartie à son embauche.

La défense plaide la relaxe

L'avocat de Nathalie Bicais, Me Bruno Rebstock, a plaidé la relaxe de sa cliente et de Christophe Riqueau. Il a souligné le contexte difficile du premier mandat de maire de son assistée, marqué par la crise du Covid et des dissensions au sein de sa majorité. « Est-ce qu'il y a eu une intention de commettre un délit ou est-ce que l'on est sur une erreur acceptable ? », a-t-il interrogé.

La mairie de La Seyne, désormais dirigée par Dorian Munoz (RN), réclame le remboursement des salaires et charges des CDD de Christophe Riqueau, soit 177 797,07 euros. La décision de la cour d'appel est attendue pour le 19 mai 2026.

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