Ancien greffier condamné pour agressions sexuelles sur huit femmes à Mont-de-Marsan
Francis Akaighe, 67 ans, ancien greffier du tribunal de commerce de Mont-de-Marsan, a été condamné ce mardi 24 mars 2026 à quatre ans de prison, dont trois avec sursis probatoire, par le tribunal judiciaire de Bayonne. Il était jugé pour des agressions sexuelles sur huit femmes, dont plusieurs collègues et certaines mineures, ainsi que pour harcèlement sexuel sur l'une d'entre elles, sur une période s'étendant de 2014 à 2021.
Des témoignages accablants et répétés
À la barre, les victimes ont décrit des scénarios similaires de violences. « Il me convoquait dans son bureau. Il fermait la porte à clé. Il se rapprochait de moi pour m’enlacer. Il me serrait contre lui et tentait de m’embrasser. Il se frottait à moi pour que je sente son sexe. J’étais tétanisée », ont-elles raconté à l'unisson. Plusieurs femmes, dont deux stagiaires de troisième, ont évoqué des « mains baladeuses » ou des « bises bizarres ».
Une collègue, qui le côtoyait depuis 1989, a subi ses comportements pendant des décennies. Elle a relaté un épisode en 1999 où il l'avait bloquée contre une armoire. « J’ai toujours été mal à l’aise avec lui. Il ne peut pas s’en empêcher, c’est viscéral », a-t-elle affirmé.
Un prédateur qui profitait de sa fonction
L'enquête a révélé que Francis Akaighe profitait systématiquement de sa position professionnelle pour commettre ces agressions, toujours lorsque les victimes étaient seules avec lui dans son bureau. Les femmes ont expliqué leur retard à porter plainte par peur de représailles, de perdre leur emploi ou de ne pas être crues en raison de son statut.
Une victime bayonnaise, âgée de 18 ans à l'époque, a déclaré avoir été dissuadée de dénoncer les faits pour pouvoir retrouver un travail dans le milieu judiciaire. Toutes ont décrit un état de « sidération », accompagné de pleurs, de culpabilité, de honte et de dégoût, laissant des séquelles psychologiques durables.
La défense et les réquisitions
Face aux accusations, Francis Akaighe, vêtu d'un costume beige et de carrure imposante, a nié en bloc, qualifiant les témoignages de « mensonges ». Il a présenté ses gestes comme des actes de « consolation » et d'humanisme, expliquant fermer la porte de son bureau pour des raisons de confidentialité.
La procureure Fanny Fournier a regretté que le prévenu ait « remis en cause la parole des victimes » et a requis quatre ans de prison dont deux avec sursis simple. Les avocats de la partie civile ont dépeint un « prédateur sexuel » profitant de la faiblesse de ses victimes, évoquant une « culture du viol » dans son comportement.
Verdict et sanctions
Le tribunal a finalement prononcé une peine de quatre ans de prison, dont trois avec sursis probatoire. La partie ferme de la peine sera aménagée sous surveillance électronique. Francis Akaighe devra également :
- Suivre une obligation de soins
- Indemniser les victimes
- Respecter une interdiction définitive d'exercer la profession de greffier
Son avocat, Me Jacques-Brice Momnougui, a défendu un homme ayant « bâti sa vie à la force du travail » malgré le racisme subi, et a insisté sur le fait qu'« on ne condamne pas sur des paroles ».



