La commission d'enquête sur Bétharram obtient un accès partiel aux archives du diocèse de Bayonne
Dans un développement significatif, la commission d'enquête indépendante sur les violences commises à Notre-Dame-de-Bétharram a finalement pu accéder à une partie des archives du diocèse de Bayonne. Cette avancée intervient après des années de blocage, marquant un tournant dans la quête de vérité sur les affaires de pédocriminalité au sein de l'Église catholique en France.
Un évêque qui ouvre enfin la porte
Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron-Sainte-Marie, avait fermé la porte en 2020 à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église, invoquant le respect de la vie privée. Il est ainsi le seul évêque de France à avoir adopté cette position restrictive. Cependant, il a récemment accepté d'accueillir les enquêteurs de la commission pilotée par l'institut Louis-Joinet de Bayonne, chargée spécifiquement des violences à Bétharram.
Jean-Pierre Massias, président de cette commission mise en place par la congrégation des pères de Bétharram, commente cette ouverture avec un mélange de satisfaction et de réalisme. « On prend ça avec satisfaction mais avec réalisme, car ça ne sera pas une ouverture totale et désordonnée. On est conscients des limites, mais c'était important de glisser un pied dans la porte », explique-t-il, soulignant les obstacles persistants.
Les premières découvertes dans les archives
Les enquêteurs se sont rendus sur place lors de la dernière semaine de février, accédant principalement à des courriers institutionnels relatifs aux relations entre le diocèse et la congrégation, ainsi qu'à des articles de presse sur l'affaire Carricart. Cette affaire, du nom d'un ancien père directeur mis en examen pour viol en 1998 et décédé en 2000, avait été un fiasco pénal, bien que la responsabilité civile de l'établissement ait été établie en 2006.
Le diocèse précise que l'accès a été limité à la correspondance concernant les relations entre la congrégation et le diocèse. Les enquêteurs espèrent trouver de nouveaux indices, tels que des lettres signalant des cas de violences, et prévoient de revenir régulièrement aux archives. « Si on n'obtient pas satisfaction ou qu'on est limités dans nos recherches, on le dira », assure Jean-Pierre Massias, insistant sur la transparence de la démarche.
Une prochaine étape cruciale à Rome
La commission prévoit de se rendre à Rome, au siège de la congrégation des pères de Bétharram, la semaine du 16 mars. « On attend bien plus des archives romaines, d'abord parce que c'est le siège des Pères de Bétharram, ensuite parce qu'ils y ont d'excellents archivistes », poursuit Jean-Pierre Massias. Face aux craintes de disparition ou de modification de documents, il reste optimiste, notant que les catalogues archivés peuvent révéler des manques et que la falsification est souvent complexe.
Cette enquête s'inscrit dans un contexte plus large de révélation des abus sexuels dans l'Église, visant à apporter justice aux victimes et à prévenir de futures violences. Les développements à Bayonne et à Rome seront scrutés de près, alors que la commission cherche à percer le silence entourant ces drames.



