Le parquet de Carpentras a ouvert une enquête pour « provocation à la haine » après la diffusion de l'hymne vichyste « Maréchal, nous voilà ! » vendredi dernier, en marge des commémorations du 8-Mai 1945 dans cette ville du Vaucluse. L'enquête a été lancée d'initiative, sans qu'aucune plainte n'ait été déposée à ce jour.
Les faits incriminés
Le chant à la gloire du maréchal Pétain, chef du régime collaborationniste de Vichy entre 1940 et 1944, a retenti depuis les haut-parleurs installés dans le centre-ville, parmi d'autres chansons liées à la Libération. L'infraction retenue est la « provocation à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Ce délit est passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, et peut atteindre trois ans de prison et 75 000 euros d'amende pour un agent public.
Réactions et suites judiciaires
Hervé de Lépinau, le maire Rassemblement national de Carpentras, a annoncé son intention de porter plainte pour « malveillance », exprimant son « écœurement ». De son côté, Alain Giraudi, président de RTV FM, la radio locale associative qui assurait l'animation musicale, a expliqué que la mairie n'était pas impliquée : « C'est un technicien qui a rajouté ce morceau par mégarde ». La justice, informée par voie de presse, a souhaité enquêter sans attendre, et précise qu'aucune piste n'est privilégiée pour le moment.



