Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Persan et Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) dans une ambiance calme et festive pour rendre hommage à Adama Traoré, jeune homme noir décédé il y a dix ans après son arrestation par des gendarmes. Pendant une heure et demie de marche, les manifestants ont scandé des slogans comme « Justice pour Adama, on n'oublie pas » ou « Pas de justice, pas de paix ». Les noms de personnes tuées ou blessées par les forces de l'ordre ces dernières années ont également été égrenés.
Assa Traoré dénonce le non-lieu
« La justice française a dit qu'il y avait un non-lieu mais nous connaissons tous la vérité. Nous savons que ces gendarmes sont responsables de la mort d'Adama Traoré », a dénoncé Assa Traoré devant la gendarmerie où son frère est mort le 19 juillet 2016. Plus tôt dans la journée, une plaque au nom d'Adama Traoré a été installée près de la mairie de Beaumont-sur-Oise, là où il avait été interpellé.
La lutte continue devant la justice européenne
Début 2026, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes, une décision devenue définitive mais contestée par la famille, qui espère obtenir la condamnation de la France devant la justice européenne. « Nous avons pris dix ans et nous reprendrons dix ans encore pour mener d'autres luttes, pour continuer le combat », a prévenu celle qui est devenue l'un des principaux visages de la lutte contre les violences policières en France. Parmi les manifestants figuraient plusieurs élus de gauche, notamment de La France insoumise.
Inquiétude face à une proposition de loi sur l'usage des armes
Cet hommage a été rattrapé par l'actualité : une proposition de loi LR instaurant une présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre suscitait une forte inquiétude parmi les participants. « Des Adama Traoré, il y en a encore ! Il y a eu des morts après Adama Traoré et il y aura encore des morts », a alerté sa sœur.
Au micro, le député insoumis Éric Coquerel a appelé à la mobilisation « pour empêcher cette loi ». Si elle venait à passer, « ce ne sont plus des dizaines de morts que nous allons pleurer, ce sont des centaines de morts », s'est-il inquiété. Une pétition appelant les députés à rejeter la loi avait réuni ce samedi après-midi 150 000 signatures.



