Noisy-le-Grand : deux policiers condamnés pour violences filmées et PV mensonger
Deux policiers condamnés à Noisy-le-Grand pour violences

Deux policiers condamnés à un an avec sursis pour violences filmées à Noisy-le-Grand

Le tribunal correctionnel de Bobigny a rendu jeudi une décision sévère dans une affaire de violences policières survenue en 2021 à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Deux agents, Raphaël L., 32 ans, et Anthony C., 29 ans, ont été reconnus coupables d'avoir frappé un jeune homme noir, Aboubacar S., lors d'une interpellation. Ils écopent chacun d'une peine de douze mois de prison avec sursis, une sanction supérieure aux réquisitions du parquet qui demandait six mois avec sursis.

Un procès-verbal falsifié et une vidéo accablante

L'affaire a pris une tournure judiciaire cruciale grâce à la diffusion d'une vidéo amateur lors de l'audience. Cette séquence, présentée par l'avocat de la victime, Me Arié Alimi, montre clairement les policiers portant des coups au jeune homme. Elle a totalement contredit la version initiale des faits rapportée dans le procès-verbal d'interpellation, qualifié de mensonger par le tribunal.

Le magistrat a souligné que « l'altération de la vérité » via ce document officiel falsifié constitue « une atteinte grave à la confiance » envers l'institution policière. Raphaël L., auteur de ce PV, se voit infliger une peine complémentaire d'interdiction d'exercer la profession de policier pendant deux ans, avec exécution provisoire. Anthony C., quant à lui, avait déjà été radié de la police dans le cadre d'une autre affaire depuis les faits.

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Les faits : une intervention violente et injustifiée

Les événements remontent à la soirée du 17 septembre 2021. Les deux policiers affirmaient être intervenus pour rechercher l'auteur d'un refus d'obtempérer et s'être heurtés à des individus « hostiles ». Ils avaient décidé d'interpeller Aboubacar S., qu'ils connaissaient, comme « l'auteur des outrages ».

Cependant, le service de déontologie de la police (SDSE) a établi, après analyse de la vidéo, qu'« aucun danger pour les fonctionnaires de police n'était observé avant l'altercation » et que « les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers ». Le rapport détaille les actes de violence : Raphaël L. a porté dix coups de matraque dans la partie médiane du corps et un coup de pied dans les jambes ; Anthony C. a asséné deux coups de poing et trois coups de pied à la tête de la victime.

Conséquences pour la victime et réactions

Aboubacar S. a été placé en détention provisoire pendant vingt-deux jours après les faits, initialement jugé pour violences envers les agents sur la base du PV mensonger. L'impact des violences subies a été réévalué à onze jours d'incapacité totale de travail (ITT), incluant le « retentissement psychologique ».

Me Arié Alimi, avocat de la victime, s'est dit « très satisfait » de la condamnation, précisant à l'AFP que son client et lui étaient « surtout heureux que ce policier soit interdit d'exercer avec exécution provisoire ». Cette décision marque un recadrage judiciaire face à des pratiques policières illégales, soulignant l'importance des preuves vidéo dans la manifestation de la vérité.

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