Champigny-sur-Marne : deux mineurs condamnés à 10 ans pour le viol en réunion de Milly
Deux mineurs condamnés à 10 ans pour viol en réunion à Champigny

Champigny-sur-Marne : une affaire de viol en réunion aboutit à des condamnations sévères

Deux jeunes hommes, mineurs au moment des faits, ont été condamnés, mercredi 11 février, par le tribunal pour enfants de Créteil à dix ans de prison pour le viol en réunion de Milly, une adolescente de 18 ans, survenu en 2020. Un troisième accusé a écopé de six ans de prison pour complicité, selon des informations confirmées par l'Agence France-Presse (AFP) auprès des avocats des parties concernées.

Une audience à huis clos et des réactions contrastées

Après une audience tenue à huis clos, les deux principaux accusés ont reçu la peine maximale prévue par la loi. Maître Clément Abitbol, le conseil de l'un d'eux, a laissé entendre qu'ils feraient appel de cette décision. En revanche, les avocats des parties civiles, Maître Irina Kratz et Maître Antoine Ory, ont salué ce verdict, le qualifiant de « déclarations de culpabilité attendues et inévitables au regard du niveau de preuves accablant réuni dans ce dossier ».

Les faits : une nuit de terreur dans la cité des Mordacs

L'adolescente, qui vivait près de Niort mais séjournait en région parisienne, avait été abandonnée par des amis dans un local des parties communes de la cité des Mordacs, à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Elle a décrit pendant l'enquête y avoir vécu « les pires heures de sa vie » : huit hommes, presque tous cagoulés, sont entrés, l'ont rudoyée, frappée et violée. Certains riaient, regardaient sans réagir ou l'insultaient. Après avoir perdu connaissance suite à un coup sur la nuque, elle a été menacée avec un pistolet sur la tempe pour la faire taire.

Une plainte tardive et des preuves ADN cruciales

Milly s'est confiée à sa mère après les faits, mais n'a pas porté plainte immédiatement en raison de la douleur psychologique. Selon des données gouvernementales, seules 7 % des femmes déclarent avoir porté plainte après une agression sexuelle ou un viol. Finalement, elle a déposé plainte le 23 avril 2021, permettant aux enquêteurs d'exploiter l'ADN trouvé sur ses vêtements, que sa mère avait conservés dans un sac plastique. La police judiciaire du Val-de-Marne a ainsi identifié quatre mineurs, bien que certains échantillons ADN soient restés inexploitables.

Des procédures judiciaires en cours et des répercussions durables

Les deux condamnés, âgés de 15 ans à l'époque, ont été identifiés grâce à ces preuves. Deux autres adolescents, alors âgés de 16 ans et soupçonnés de viol, ainsi qu'un majeur accusé de menaces de mort, comparaîtront ultérieurement devant la cour d'assises des mineurs. Les avocats de ces derniers n'ont pas souhaité réagir avant l'audience. Depuis les faits, Milly, dont l'affaire a été révélée par Le Monde fin 2024, a tenté de mettre fin à ses jours et souffre de sévères répercussions, notamment un syndrome de stress post-traumatique.

Cette affaire souligne les défis persistants dans la protection des victimes de violences sexuelles et les lourdes conséquences psychologiques pour les survivants.