Le maire de Valenciennes, Laurent Degallaix, a été condamné ce jeudi 30 avril à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire par le tribunal correctionnel de Lille. Il est reconnu coupable de prise illégale d'intérêts dans le cadre de l'attribution de subventions à une association qu'il présidait.
Les faits reprochés
L'affaire remonte à la période 2014-2017, lorsque Laurent Degallaix, alors également président de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole, a accordé des subventions à l'association « Valenciennes Métropole Handball », qu'il présidait parallèlement. Le montant total des subventions s'élève à plus de 200 000 euros. Le tribunal a estimé que cette situation constituait un conflit d'intérêts caractérisé, le maire ayant bénéficié à la fois de la décision d'attribution et de la gestion des fonds.
Une peine sévère
Outre l'inéligibilité, Laurent Degallaix a été condamné à une amende de 30 000 euros et à un an de prison avec sursis. Le tribunal a justifié la sévérité de la peine par la nécessité de préserver la probité de la vie publique et de sanctionner un manquement grave aux règles déontologiques. L'exécution provisoire de la peine d'inéligibilité signifie que Laurent Degallaix perd immédiatement son mandat de maire, ainsi que tous ses mandats électifs, en attendant l'issue de l'appel.
La réaction du maire
Dans un communiqué, Laurent Degallaix a annoncé son intention de faire appel de cette décision. Il conteste les faits et estime que les subventions accordées étaient conformes à la réglementation et qu'aucun enrichissement personnel n'a eu lieu. Il se dit victime d'une « erreur d'appréciation » et affirme avoir toujours agi dans l'intérêt général de la ville et du handball valenciennois. Il précise qu'il se mettra en retrait de ses fonctions le temps de la procédure d'appel, mais qu'il entend prouver son innocence.
Les conséquences politiques
Cette condamnation plonge la ville de Valenciennes dans une incertitude politique. Le conseil municipal devra élire un nouveau maire dans les prochaines semaines. Plusieurs noms circulent déjà, notamment celui de la première adjointe, qui pourrait assurer l'intérim. Cette affaire intervient à un an des élections municipales, ce qui pourrait rebattre les cartes politiques locales. Les partis d'opposition réclament déjà une transparence totale dans la gestion des subventions et appellent à un renouvellement de la classe politique.
Rappel des faits
L'enquête avait été ouverte en 2018 suite à un signalement de la chambre régionale des comptes. Les investigations avaient mis en lumière un système de subventions croisées entre la ville et l'association, dont Laurent Degallaix était le président. L'association, qui gérait le club de handball de la ville, avait bénéficié de subventions municipales alors que son président était également le maire. Le tribunal a considéré que cette situation était contraire à l'article 432-12 du code pénal, qui interdit à une personne chargée d'une mission de service public de prendre un intérêt quelconque dans une affaire qu'elle est chargée de gérer.
Cette décision judiciaire met en lumière les risques de conflits d'intérêts dans la gestion des collectivités locales. Les élus sont désormais tenus à une obligation de transparence et de probité accrue, sous peine de sanctions pénales sévères. L'affaire Degallaix pourrait servir de jurisprudence pour d'autres cas similaires.



