Trois CRS contestent leur condamnation pour violences contre des gilets jaunes
Trois CRS ont interjeté appel de leur condamnation à de la prison avec sursis pour avoir matraqué des gilets jaunes dans un Burger King à Paris le 1er décembre 2018, selon une information judiciaire obtenue par l'AFP vendredi 27 mars. Cette démarche intervient après que le tribunal correctionnel de Paris a condamné neuf CRS le 17 mars à des peines allant de 6 à 24 mois d'emprisonnement avec sursis.
Le parquet dépose un appel incident
En réponse à cet appel, le parquet a formulé un appel incident pour les trois fonctionnaires concernés. Cette procédure autorise la cour d'appel à prononcer, le cas échéant, des peines supérieures à celles initialement décidées en première instance. Lors du procès, le parquet avait requis des peines de six à vingt mois de prison avec sursis.
Un usage de la force jugé disproportionné
Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Paris a estimé que « l'usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et proportionnalité ». L'incident, survenu le troisième samedi de mobilisation des gilets jaunes, a vu des policiers matraquer et frapper à coups de pied des manifestants qui s'étaient réfugiés dans un Burger King près de la place de l'Étoile, sans sommation et sans leur laisser le temps d'évacuer.
Seize victimes non identifiées comptabilisées
Quatre personnes physiques, matraquées ou frappées à coups de pied, s'étaient constituées parties civiles. Cependant, les enquêteurs ont également comptabilisé seize victimes non identifiées, qui ne se sont pas manifestées auprès de la justice. Cet épisode, d'une durée de seulement 2 minutes et 37 secondes, a été filmé sous différents angles par des manifestants, des journalistes et des caméras de vidéosurveillance.
Les faits remontent au 1er décembre 2018, lorsque des gilets jaunes ont cherché refuge dans le restaurant Burger King lors des manifestations. Les images diffusées ont suscité une vive émotion et relancé le débat sur les méthodes policières lors des mouvements sociaux. La cour d'appel devra maintenant examiner les recours et statuer sur les peines définitives pour les CRS impliqués.



