Neuf CRS condamnés pour violences contre des manifestants gilets jaunes dans un fast-food
Neuf membres des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Paris à des peines d'emprisonnement avec sursis allant de six à vingt-quatre mois. Ces sanctions font suite à des violences commises contre des manifestants du mouvement des gilets jaunes dans un établissement Burger King, le 1er décembre 2018.
Un usage de la force jugé disproportionné par la justice
Le président du tribunal a clairement établi dans son jugement que l'usage de la force par les policiers ne répondait pas aux critères stricts de nécessité et de proportionnalité. « L'usage de la force ne présentait pas les conditions strictes et impératives de nécessité et proportionnalité », a-t-il souligné lors de la lecture du verdict. Aucun des neuf CRS mis en cause ne s'était déplacé pour entendre cette décision judiciaire.
Des peines alignées sur les réquisitions du parquet
Les peines prononcées sont similaires ou légèrement supérieures à celles demandées par la procureure Marie Dubarry, qui avait requis des peines de six à vingt mois de prison avec sursis. Dans ses réquisitions, la magistrate avait rappelé avec force que « le désordre ne suspend jamais le droit, le droit n'est pas un luxe réservé aux jours calmes, le droit est précisément ce qui doit tenir quand tout bascule ».
Vingt victimes identifiées dans cette affaire
Quatre personnes physiques, ayant subi des coups de matraque ou des coups de pied, se sont constituées parties civiles dans ce dossier judiciaire. Les enquêteurs ont également comptabilisé seize autres victimes non identifiées, qui ne se sont pas manifestées auprès des autorités judiciaires. Ces violences survenues dans l'enceinte d'un fast-food parisien avaient provoqué une vive émotion et suscité de nombreuses interrogations sur les méthodes d'intervention des forces de l'ordre lors des manifestations des gilets jaunes.
Cette condamnation intervient plus de cinq ans après les faits et marque un tournant dans le traitement judiciaire des violences policières survenues durant le mouvement social. Elle rappelle également l'obligation pour les forces de l'ordre de respecter strictement les principes de nécessité et de proportionnalité dans l'exercice de leurs fonctions, même dans des contextes de tension sociale extrême.



