Une élève juive dépose plainte pour injure antisémite après une crêpe à la croix gammée
Une élève juive d'une formation privée liée à l'école des Mines Paris-PSL a déposé plainte pour « injure à caractère antisémite » et « provocation à la haine » après qu'une crêpe avec une croix gammée dessinée à la pâte à tartiner lui a été offerte. La plainte, déposée en début de semaine auprès du tribunal judiciaire de Paris, inclut également des accusations de « harcèlement moral » dans un contexte d'actes répétés.
Des actes antisémites répétés et documentés
La plaignante, une jeune femme de confession juive, est élève de l'Albert School, un établissement d'enseignement supérieur privé du 10e arrondissement de Paris qui propose des diplômes conjoints avec la prestigieuse école d'ingénieurs des Mines Paris-PSL. Selon ses déclarations, un élève aurait préparé cette crêpe ornée d'un symbole nazi en fin de semaine dernière. La scène aurait été filmée par un autre élève et diffusée via une story sur Instagram, dont la plaignante a également été destinataire.
La plainte souligne que ces agissements ne sont pas isolés et pointe un contexte de répétition d'actes antisémites. La jeune femme affirme avoir été victime de multiples incidents, notamment :
- Retrouver à plusieurs reprises ses roues de voiture crevées
- Être confrontée à des comportements hostiles et stigmatisants de la part d'autres élèves
- Subir ces actes en raison de son appartenance religieuse
Une réaction institutionnelle rapide
Me Vanessa Edberg, avocate de la plaignante, a déclaré à l'AFP : « Les faits qui sont dénoncés sont particulièrement graves et se déroulent dans le cadre d'une annexe des Mines, l'élite intellectuelle de nos jeunes. » Contacté par l'AFP, Grégoire Genest, président de l'Albert School, a confirmé que l'étudiante s'était plainte lundi auprès de l'administration concernant le comportement de deux étudiants accusés d'actes antisémites.
Ces deux étudiants ont été convoqués mardi matin et suspendus en attendant la tenue des conseils de discipline. M. Genest a insisté sur le fait que « l'établissement n'a aucune tolérance d'actes discriminatoires quels qu'ils soient et réagira toujours de façon rapide à tous ces actes. »
Cette affaire survient dans un contexte plus large de préoccupations concernant l'antisémitisme en France, particulièrement dans les milieux éducatifs. La plainte déposée vise non seulement les auteurs directs des actes, mais aussi l'environnement qui a permis leur répétition, mettant en lumière les défis persistants de la lutte contre les discriminations religieuses.



