Hausse de 5 % des crimes racistes en 2025, Paris largement touché
Crimes racistes : +5 % en 2025, Paris très affecté

Une augmentation persistante des infractions à caractère raciste

Les chiffres du ministère de l'Intérieur révèlent une progression continue des crimes et délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en France. En 2025, les services de police et de gendarmerie nationale ont enregistré plus de 9 700 infractions de cette nature, marquant une hausse de 5 % par rapport à l'année précédente.

Une tendance à la hausse, mais à un rythme ralenti

Cette augmentation de 5 % en 2025 apparaît légèrement inférieure à la hausse moyenne annuelle constatée sur la période 2016-2025, qui s'établit à 7 %. Toutefois, elle s'inscrit dans un contexte de forte volatilité, comme en témoigne l'année 2023 où les crimes et délits pour ces motifs avaient bondi de 30 %.

Le ministère de l'Intérieur souligne que cette nette accélération en fin d'année 2023 correspondait au conflit au Proche-Orient et à la forte hausse des actes antisémites enregistrée sur le territoire français à cette période.

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Le profil des infractions et des victimes

Selon le bilan du Service statistique en charge de la sécurité intérieure (SSMI), les injures publiques représentent à elles seules la moitié des crimes et délits recensés. Les atteintes à la vie et les violences, tout comme les atteintes aux biens, sont nettement plus rares, représentant respectivement chacun 6 % de l'ensemble des infractions à caractère raciste.

Parmi les atteintes les plus graves, le rapport mentionne trois homicides aboutis et trois tentatives d'homicide recensés en 2025.

Les victimes sont majoritairement des hommes (59 %), âgés de 25 à 54 ans. Les âges extrêmes sont sous-représentés, avec seulement 20 % des victimes ayant moins de 25 ans.

Des disparités territoriales marquées

Paris se détache nettement du reste du territoire avec un taux de crimes ou délits à caractère raciste enregistrés plus de trois fois supérieur à la moyenne nationale. La capitale enregistre +2,1 victimes pour 10 000 habitants, contre une moyenne nationale de 1,4 crime ou délit pour 10 000 habitants.

À l'inverse, certains départements apparaissent relativement épargnés. Les taux les plus faibles sont observés en Lozère, dans le Cantal, la Creuse et le Gers, où le nombre d'infractions enregistrées reste significativement inférieur à la moyenne.

Une évolution des contraventions en baisse

Les contraventions pour ces mêmes motifs, qui visent des faits commis en privé contrairement aux délits, ont quant à elles diminué de 6 % entre 2024 et 2025. Le ministère précise que plus de 6 700 contraventions ont été dressées, majoritairement pour injures, provocations ou diffamations.

Une lecture nuancée des statistiques

Le ministère de l'Intérieur apporte une importante nuance à ces chiffres : « L'évolution du nombre d'atteintes enregistrées par la police et la gendarmerie nationales reflète à la fois l'évolution du phénomène en lui-même, mais également celle de la propension de la population à déclarer ces actes auprès des forces de sécurité, ainsi que l'amélioration de leur prise en compte par les services de sécurité ».

Cette précision souligne que l'augmentation des chiffres peut traduire non seulement une hausse réelle des actes, mais aussi une meilleure déclaration par les victimes et un traitement plus efficace par les forces de l'ordre.

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