Exclusif. « Stupéfaite » mais « soulagée », la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, réagit aux conclusions de l’enquête sur l’affaire de corruption au port. Après la reconnaissance de la ville comme victime dans cette grande enquête pour des faits de corruption au port de Saint-Tropez, la maire revient sur les investigations et le travail de restructuration durant les deux années troublées.
« Il fallait du courage pour prendre certaines décisions difficiles », confie Sylvie Siri à l’issue de cette enquête XXL. Dix suspects ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Draguignan au terme de deux ans d’enquête sur les suspicions de corruption au port de Saint-Tropez. Ils seront jugés pour corruption passive par acceptation d’avantages et prise illégale d’intérêt par une personne chargée d’une mission de service public, détournements de fonds et recels de prises illégales d’intérêts.
Sonnée face aux conclusions de l’enquête, la maire de Saint-Tropez est restée stupéfaite en découvrant la somme astronomique de ces pots-de-vin. En exclusivité pour Var-Matin, Sylvie Siri clarifie le ressenti de la municipalité qui a « pleinement coopéré avec les autorités judiciaires et les services d’enquête ». « Nous avons transmis l’ensemble des éléments et documents sollicités. Nous avons aussi procédé à des signalements auprès de la justice dès lors que nous avons reçu des dénonciations écrites », explique l’élue.
La première magistrate a d’abord été surprise par l’audition récente de deux employés, toujours en service comme maître de port. Si plusieurs agents ont été écartés avant l’été 2025 pour des mesures de transparence, ces deux protagonistes ne figuraient pas dans la liste et restent présumés innocents. « Ils conserveront leurs postes pour la saison jusqu’au jugement. Ils n’avaient pas été identifiés dans les témoignages qu’on avait reçus », réagit-elle.
En attendant, la première édile se dit « soulagée » par la fin de ces recherches qui ont porté leurs fruits en vingt-quatre mois. « Dans un village comme Saint-Tropez où tout le monde se connaît, il fallait du courage pour prendre certaines décisions difficiles sur le plan humain et organisationnel. Pourtant, nous avons choisi d’agir rapidement avec nos responsabilités. Ces dernières révélations nous confortent dans les décisions prises à l’époque pour garantir le bon fonctionnement de la capitainerie », affiche-t-elle.
Au lendemain de ces ultimes gardes à vue, la commune a reçu « un avis à victime » dans le cadre de la procédure judiciaire. Dès la réception de ce courrier, celle-ci a choisi de se constituer partie civile « afin de défendre pleinement ses intérêts et ceux des usagers du service public portuaire ». « Le procureur a officiellement reconnu le préjudice subi par la collectivité, en termes d’images et d’atteinte à la réputation du port afin d’obtenir réparation », précise Sylvie Siri.
La maire a également renouvelé son attachement au principe de la présomption d’innocence « qui doit prévaloir tant qu’aucune décision de justice définitive n’est intervenue ».



