Corée du Sud : l'ex-président Yoon condamné à 7 ans de prison
Corée du Sud : Yoon Suk-yeol condamné à 7 ans de prison

La Cour suprême de Corée du Sud a définitivement confirmé, ce jeudi 9 juillet 2026, la condamnation de l'ancien président Yoon Suk-yeol à sept ans de prison pour abus de pouvoir et corruption. Cette décision met un terme à des mois de procédures judiciaires qui ont secoué la vie politique sud-coréenne.

Les charges retenues contre l'ex-président

Yoon Suk-yeol, qui a dirigé le pays de 2022 à 2024, avait été reconnu coupable en première instance en mars 2025 pour avoir utilisé son poste afin de favoriser des entreprises proches de son administration. Selon l'accusation, il aurait notamment ordonné à des agences gouvernementales de passer des contrats publics à des sociétés liées à des proches collaborateurs, causant un préjudice financier estimé à 12 millions de dollars.

La cour a également jugé qu'il avait tenté d'entraver l'enquête en faisant pression sur des témoins et en détruisant des preuves numériques. Le parquet avait requis une peine de dix ans de réclusion, mais la cour d'appel avait réduit la peine à sept ans en janvier 2026, peine confirmée aujourd'hui par la plus haute instance judiciaire du pays.

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Un verdict historique

Ce jugement est historique en Corée du Sud, où plusieurs anciens présidents ont été condamnés pour corruption après leur mandat. Yoon Suk-yeol devient le quatrième ex-chef de l'État sud-coréen à être incarcéré, après Chun Doo-hwan, Roh Tae-woo et Park Geun-hye. La décision de la Cour suprême est sans appel et l'ancien président doit commencer à purger sa peine immédiatement.

Dans une déclaration lue par son avocat, Yoon Suk-yeol a qualifié le procès de "politiquement motivé" et a annoncé qu'il ne demanderait pas de grâce présidentielle. "Je suis innocent, mais je respecte la décision de la cour pour éviter une division nationale plus profonde", a-t-il déclaré, selon son conseil.

Réactions politiques et internationales

Le président actuel, Lee Jae-myung, a salué la décision de la justice, affirmant qu'elle renforçait l'État de droit en Corée du Sud. "Aucun citoyen, quel que soit son rang, n'est au-dessus de la loi", a-t-il déclaré dans un communiqué. L'opposition, proche de Yoon, a dénoncé une "instrumentalisation de la justice" et promet de contester la décision devant les instances internationales.

À l'international, les États-Unis ont pris acte du verdict tout en soulignant l'importance de la transparence judiciaire. La Chine et la Russie n'ont pas commenté officiellement, mais des analystes estiment que cette affaire pourrait affecter les relations diplomatiques de Séoul avec ses partenaires.

Impact sur la société sud-coréenne

Cette condamnation intervient dans un climat de méfiance croissante envers la classe politique. Selon un sondage récent de l'institut Gallup Corée, 68 % des Sud-Coréens estiment que la corruption reste endémique dans les hautes sphères de l'État. Le verdict pourrait raviver les débats sur les réformes anticorruption, notamment le renforcement des pouvoirs de la Commission des droits de l'homme et de lutte contre la corruption.

Des manifestations de soutien à Yoon Suk-yeol ont eu lieu à Séoul, rassemblant environ 2 000 personnes, tandis que des rassemblements plus modestes de citoyens favorables au jugement se sont tenus devant le palais de justice. La police a déployé un important dispositif pour éviter des débordements.

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