La justice condamne sévèrement un entrepreneur pour banqueroute et harcèlement moral à La Rochelle
Condamnation sévère pour banqueroute et harcèlement à La Rochelle

Une condamnation exceptionnelle pour des faits graves

Le tribunal de La Rochelle a rendu, ce jeudi 24 juillet, une décision d'une sévérité remarquable dans un dossier socio-économique, condamnant Bruno Becquet, l'ancien patron de l'entreprise Stenico. Âgé de 73 ans, il a été reconnu coupable de banqueroute, d'abus de bien social et de harcèlement moral, écopant d'une peine de trois ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire. Cette sanction ferme souligne la gravité des actes reprochés et marque un tournant dans la lutte contre les abus en milieu professionnel.

Des réparations financières substantielles pour les victimes

Outre la peine de prison, Bruno Becquet se voit interdire définitivement de gérer une entreprise. Ses biens, saisis pour un montant avoisinant les 4 millions d'euros, lui sont confisqués. De plus, il est condamné à verser plus de 700 000 euros au titre du préjudice moral aux 35 parties civiles, principalement d'anciennes employées de Stenico. Chacune a également obtenu la moitié des demandes exprimées pour le préjudice matériel, ce qui porte le total des réparations à plusieurs centaines de milliers d'euros. La procureure avait requis quatre ans de prison dont un an avec sursis, mais le tribunal a opté pour une peine ajustée tout en restant sévère.

Le combat judiciaire des ex-salariées récompensé

Sophie Coutand, figure emblématique du combat mené par les ex-employées, a exprimé sa satisfaction et son émotion après le verdict. « Cette décision, c'est la reconnaissance de tout le mal qu'il a commis. Je suis heureuse, pour les filles et pour moi, parce qu'enfin, il paie », a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux. Les victimes avaient décrit comment Bruno Becquet, après avoir racheté Stenico en 2017 pour un euro symbolique, avait pillé l'outil de production au profit de ses autres entreprises, conduisant irrémédiablement la société à la faillite en 2019. Leur persévérance, via une procédure de citation directe, a permis de rétablir des chefs d'accusation initialement sacrifiés lors de l'instruction.

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Un jugement par défaut et des perspectives futures

Bruno Becquet ne s'est pas présenté à son procès le 5 juin et ne s'est pas fait représenter, ce qui a conduit le tribunal à rendre un jugement par défaut, compilé dans un document de 42 pages. Bien que le prévenu puisse contester cette décision dans les prochains jours et obtenir un nouveau procès en première instance, les plaignantes restent déterminées. « La justice a montré qu'elle pouvait nous entendre », analyse Sophie Coutand. « Quoi qu'il [Bruno Becquet] fasse, on n'abandonnera pas. S'il faut repartir au combat, on repartira. » Cette affaire, qui impliquait une entreprise employant autrefois 500 personnes dans trois départements, sert de rappel sur l'importance de la protection des salariés face aux abus économiques et moraux.

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