L'entrepreneur de Caissargues condamné pour détournement de fonds lors de lotos caritatifs
Condamnation pour détournement de fonds lors de lotos caritatifs

Un entrepreneur condamné pour détournement de fonds lors de lotos caritatifs

Guy Leduc, entrepreneur de 72 ans résidant à Caissargues, a été condamné ce 24 mars 2026 par le tribunal correctionnel de Nîmes à trois ans de prison assortis d'un sursis probatoire. Il était poursuivi pour abus de biens sociaux en bande organisée et blanchiment dans le cadre d'organisation de lotos de bienfaisance.

Un système lucratif au détriment des associations

L'entrepreneur, bien connu à Nîmes pour avoir longtemps géré les puces, avait créé plusieurs sociétés dont la société Maya et ses dérivés, spécialisées dans l'organisation de lotos caritatifs. Séduites par ses projets, de nombreuses petites associations caritatives qui peinaient à obtenir des dons avaient fait appel à ses services.

Les enquêteurs ont établi que ces lotos, organisés plusieurs fois par semaine, matin et soir si nécessaire, avaient rapporté près de 13 millions d'euros. Pourtant, les associations bénéficiaires n'ont touché que 7 à 10% des recettes, selon les estimations des enquêteurs.

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Des associations lésées et déterminées

Parmi les associations lésées figuraient la Croix-Rouge, l'AMF Téléthon dans le Gard et en Provence, ainsi que des associations créées par des mamans d'enfants handicapés. Vingt-quatre associations se sont constituées partie civile, représentées notamment par Me Julie Rovère.

"C'est un message super fort envoyé à tous ces animateurs de lotos qui continuent à organiser des lotos en ligne sur le dos des associations", a déclaré Laurie, présidente de l'association "Le combat de Morgane contre l'AVC pédiatrique". "Et non, on ne peux se faire de l'argent sur le dos des associations en faisant des lotos."

Une audience marquée par l'émotion

Lors de l'audience du 19 décembre dernier, Guy Leduc avait affirmé que les associations "avaient été payées comme il était prévu... En moyenne, ces associations gagnaient 20% des mises". Cette version a été contredite par les conclusions de l'enquête.

Céline, maman de la petite Lélia qui souffre d'une paralysie cérébrale et partie civile dans cette affaire, a confié : "Ce procès a renforcé le noyau de notre petite association. On s'est tous démenés. On a eu beaucoup de messages de soutien et d'amour. Ma fille a besoin de rééducation à l'étranger et on aimerait financer l'achat d'un robot qui simule la marche."

Des condamnations et des confiscations

Le tribunal a ordonné la confiscation des biens immobiliers de Guy Leduc, qui était absent lors du délibéré. Son épouse, également mise en cause, a été relaxée. En revanche, ses deux enfants présents à l'audience ainsi qu'un ancien associé ont été condamnés à des peines de prison assorties d'un sursis probatoire, avec confiscation de leurs biens.

Tous les condamnés devront indemniser les nombreuses associations lésées. Le dossier sur les intérêts civils a été renvoyé à une date ultérieure pour déterminer le montant exact des réparations.

Cette affaire, mise en délibéré après une longue audience en décembre dernier, met en lumière les dérives possibles dans l'organisation de jeux d'argent caritatifs et rappelle l'importance de la transparence dans la gestion des fonds collectés au nom d'œuvres sociales.

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