Un Azuréen condamné pour détournement d'images d'une mineure via l'IA
Un homme originaire de Bezaudun-Les-Alpes, dans les Alpes-Maritimes, a été condamné à 18 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire, pour avoir détourné des photos d'une adolescente de 14 ans en utilisant l'intelligence artificielle. La partie ferme de 12 mois sera exécutée sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique.
Une enquête déclenchée par un signalement
À la suite d'un signalement de l'Office central de police judiciaire en charge des violences faites aux mineurs (Ofmin), les gendarmes ont identifié un jeune homme suspecté de consulter et détenir des fichiers à caractère pédopornographique. Localisé grâce à l'adresse IP de son ordinateur, il a été appréhendé le 21 novembre 2025 et placé sous contrôle judiciaire.
Poursuivi pour détention et importation de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique, il a comparu libre devant le tribunal judiciaire de Grasse. Djany R., un Nancéien âgé de 27 ans, a reconnu les faits d'une voix faible.
Des recherches sordides et l'utilisation de l'IA
D'août 2021 à novembre 2025, il a recherché et consulté des sites internet en utilisant des mots-clés comme porno viol, pédofamily, ou enfant viol images. Son compte Google a été fermé, le poussant à créer un faux profil sous un pseudo, se faisant passer pour une jeune fille de 14 ans pour échanger avec d'autres profils pervers.
Avec l'apparition d'outils d'intelligence artificielle, il a mis à nu numériquement le corps d'une adolescente de 14 ans, l'enfant d'une amie, en utilisant des photos anodines prises dans un cadre amical. La victime avait témoigné de son malaise en sa présence, le décrivant comme quelqu'un de bizarre, très tactile.
Une perquisition révélatrice
La perquisition de son domicile a permis de saisir son ordinateur et son portable, contenant 175 vidéos, 96 photos, et 7.000 consultations de sites. L'avocate de la partie civile a souligné : Il l'a dépossédée de son corps, de sa dignité, exprimant son inquiétude pour sa cliente, dont il avait même recherché le nom sur internet.
Le prévenu, peu loquace, a admis la gravité des faits, mentionnant n'avoir eu qu'un seul rapport sexuel à l'âge de 12 ans et se masturbant depuis. La procureure a rappelé qu'il était un délinquant sexuel, avec un risque inquiétant de passage à l'acte.
Le verdict du tribunal
La procureure avait requis 18 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire, avec mandat de dépôt pour la peine ferme. L'avocat de la défense, Me Antoine Prot, a argué que son client n'était pas dans le déni et reconnaissait le préjudice fait à la victime.
Le tribunal a condamné Djany R. à 18 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire, avec exécution de la peine ferme en détention à domicile sous surveillance électronique. Il devra également indemniser sa victime.



