Un condamné pour agressions sexuelles réside toujours à proximité de l'école basque, provoquant l'indignation des familles
Dans le petit village d'Arbérats-Sillègue, au cœur du Pays basque, une situation judiciaire particulièrement troublante suscite l'incompréhension et la colère des familles concernées. Un homme âgé de 79 ans, condamné en septembre 2024 pour des agressions sexuelles commises sur deux fillettes au sein de l'école locale, continue de vivre à deux pas de l'établissement scolaire, dans l'attente de son procès en appel.
Une condamnation en première instance et un appel en suspens
Le tribunal judiciaire de Bayonne avait pourtant prononcé une peine sévère à l'encontre de cet individu, ancien conseiller municipal et retraité. Il a été condamné à cinq années de prison, dont trois avec sursis, pour avoir agressé sexuellement deux jeunes filles âgées de 7 et 8 ans. Les faits se sont déroulés en 2017 et 2018, dans le cadre d'activités périscolaires organisées par l'école d'Arbérats-Sillègue.
En plus de cette peine carcérale, les juges ont ordonné une interdiction définitive d'exercer toute activité en contact avec des mineurs, ainsi qu'une obligation de quitter la commune. Cependant, l'homme a immédiatement fait appel de cette décision, ce qui a pour effet de le replacer dans le statut de présumé innocent, en attendant la tenue de son nouveau procès.
L'absence d'exécution provisoire et la liberté de mouvement
Depuis sa condamnation en première instance, il y a maintenant un an et demi, son procès en appel n'a toujours pas eu lieu. Les juges n'ayant pas prononcé d'exécution provisoire de la peine, l'homme n'est plus sous contrôle judiciaire et bénéficie d'une liberté de mouvement totale. Bien qu'il se fasse discret dans le village, il peut se rendre où il veut, quand il le souhaite, en attendant la date fixée pour son nouveau procès, prévu le 28 avril prochain.
Cette situation a permis au condamné de regagner son domicile en août 2024, après avoir été placé en détention provisoire pendant l'enquête, puis remis en liberté en raison de problèmes de santé avérés.
La détresse des familles et la peur persistante
Pour les familles des victimes, cette proximité géographique est source d'une angoisse quotidienne. Christiane, la mère d'une des deux filles agressées, témoigne avec émotion de la détresse de sa fille, aujourd'hui âgée de 16 ans. « Ma fille a peur de le croiser. Elle vit cette crainte depuis longtemps. Ici, c'est un tout petit village. Une amie à elle l'a déjà revu dans le supermarché d'une commune voisine », confie-t-elle.
Cette mère de 50 ans exprime une colère profonde face à l'impuissance ressentie. « Je veux juste alerter sur le fait qu'un homme dangereux est toujours là, à côté de l'école, et qu'on ne puisse rien y faire. Ce n'est pas neutre ce qu'il s'est passé, ça me révolte qu'il puisse vivre normalement », déclare-t-elle, ne parvenant pas à apaiser son indignation.
Des aveux troublants et un profil inquiétant
Lors de l'enquête, l'homme avait reconnu devant les gendarmes éprouver du désir pour les enfants, tout en assurant que « dans 99,5 % des cas », il parvenait à se « réfréner ». Ces aveux, couplés à la gravité des faits, renforcent les craintes des familles et de la communauté locale quant à la sécurité des enfants.
La situation met en lumière les lacunes potentielles du système judiciaire dans la protection des victimes pendant les procédures d'appel, surtout dans les petites communes où les espaces de vie sont restreints et les rencontres fortuites plus probables.



