Un chauffard récidiviste devant la justice dacquoise
Lors de sa comparution immédiate ce lundi 16 février 2026 au tribunal judiciaire de Dax, un Ondrais de 59 ans a demandé un délai pour préparer sa défense. Cet homme, à l'origine d'une collision ayant fait cinq blessés à Tarnos le samedi 14 février au soir, a finalement été maintenu en détention provisoire par les juges.
Une requête inattendue devant la présidente
En entendant l'accusé solliciter un report de l'audience, la présidente Élodie Darribère a manifesté une certaine surprise. « Ce renvoi est de droit. Mais nous allons devoir débattre sur la mesure de sûreté à appliquer jusqu'à l'audience. Vous avez bien compris cela ? », a-t-elle interrogé le prévenu pour confirmation.
Défendu par Me Christian Perez et soutenu par son épouse, cet homme cumule les antécédents judiciaires. Il y a seulement trois mois, son permis de conduire avait été annulé et il avait écopé de deux ans de prison, dont douze mois de sursis probatoire avec pose d'un bracelet électronique, pour des faits similaires.
Un alcoolisme invétéré au cœur du dossier
« Qu'est-ce qui va faire que vous ne reprendrez pas le volant avec presque 2 grammes d'alcool dans le sang ? », a soupiré la magistrate face aux explications du mis en cause. Celui-ci a invoqué le « craving », ces envies irrésistibles de boire qui le caractérisent comme alcoolique.
Soumis à une obligation de soin, il avait passé ses dernières semaines à la clinique Caradoc de Bayonne, bénéficiant d'une suspension de peine entre le 14 janvier et le 15 février 2026. Malgré cela, il a reconnu avoir pris le volant de la voiture de son père après avoir consommé de l'alcool, percutant une Tesla sur le rond-point du boulevard Jacques-Duclos à Tarnos.
Le parquet réclame des mesures fermes
« Je me dois de prononcer une mesure de sûreté qui évite tout risque de réitération », a requis la vice-procureure Céline Bucau. Elle a pointé du doigt « les mesures de clémence » dont l'individu avait bénéficié avant cette nouvelle infraction, estimant que « le placement en détention provisoire » s'imposait désormais.
« L'alcoolisme est une maladie. Mais quand on en est à six condamnations, on est un délinquant de la route », a-t-elle martelé, rejetant les arguments de la défense concernant la responsabilité pénale atténuée de son client.
La défense plaide l'irresponsabilité pénale
Me Christian Perez a vigoureusement contesté cette qualification, présentant son client comme « un malade, un alcoolique avec des troubles mentaux ». L'avocat a demandé qu'une expertise psychiatrique soit réalisée avant l'étude au fond du dossier, évoquant l'hypothèse de l'« irresponsabilité pénale ».
« Elle ne l'empêcherait pas d'indemniser ses victimes. Mais on ne met pas les fous en prison, on les hospitalise pour les soigner. La prison va être destructrice pour lui », a plaidé le défenseur, cherchant à obtenir une mesure de soin plutôt qu'une incarcération.
Une décision judiciaire attendue pour mars
Face au « risque de réitération des faits » identifié par le parquet, les juges ont finalement opté pour le maintien en détention provisoire. L'audience a été renvoyée au lundi 16 mars 2026, le temps qu'une expertise soit menée pour « éclairer sur la personnalité, le fonctionnement et les difficultés à expliquer le passage à l'acte » du chauffard.
Cette décision intervient dans un contexte où la justice doit concilier la protection de la société face à un récidiviste dangereux et la prise en compte des troubles addictifs dont souffre l'accusé, créant un dilemme complexe pour les magistrats.



