Cenon : un jeune homme condamné pour port d'arme après une blessure par balle
Le lundi 23 février, en pleine journée, un jeune homme de 22 ans de nationalité sénégalaise a été interpellé dans la rue Colette à Cenon. Sous sa veste, il dissimulait un fusil à pompe chargé de cartouches de calibre 12. Déjà blessé à la jambe, il s'appuyait sur une béquille lors de son arrestation. Cette intervention des CRS faisait suite à des réquisitions du procureur, liées à des découvertes d'armes et des coups de feu récents dans plusieurs secteurs sensibles de la rive droite bordelaise.
Un contexte de rivalités violentes
Quelques jours avant son interpellation, le jeune homme avait été blessé par balle dans son quartier de Palmer à Cenon. Devant le tribunal correctionnel de Bordeaux lors de sa comparution immédiate le 26 février, il a expliqué avoir été attaqué par des inconnus qui lui ont tiré dans la jambe. « Des mecs de Saint-Hilaire, à Lormont, veulent prendre de force un point de deal à Palmer », a-t-il déclaré lors de son audition.
Le président de l'audience a souligné : « Les faits sont simples mais s'inscrivent dans un contexte qui l'est beaucoup moins ». Le jeune homme, qui a grandi dans le quartier Palmer, était poursuivi pour port d'arme de catégorie B et de munitions prohibé.
La défense : une victime de pressions
En garde à vue, le prévenu a développé son explication : « Depuis un moment, je recevais des menaces contre moi et ma famille. Ensuite, j'ai reçu une balle dans la jambe. Je n'ai pas réfléchi. J'avais peur. J'ai trouvé cette arme dans une cave et je l'ai prise pour me protéger ». Bientôt père et sans emploi, il a assuré ne pas être impliqué dans un trafic de stupéfiants, tout en reconnaissant avoir des amis qui le sont.
Son avocat a défendu la thèse d'une victime de pressions exercées sur d'autres personnes pour s'emparer d'un point de deal. « Il n'était pas dans l'escalade, mais dans la crainte. Il n'est pas parti dans une vendetta », a-t-il plaidé.
Le verdict du tribunal
La procureure a présenté une analyse différente : « C'est une bonne chose qu'on soit tombé sur lui, car je crois qu'on était dans une escalade. Dans cette affaire, on est sur des règlements de comptes sur fond de trafic. On ne prend pas une balle dans la jambe par hasard. On ne se balade pas avec un fusil dans la rue par hasard ».
Déjà connu de la justice pour des faits de violences, le jeune homme a été condamné à un an de prison ferme et maintenu en détention. Le tribunal a également prononcé contre lui une interdiction du territoire français de deux ans. Cette décision intervient dans un climat tendu sur la rive droite de Bordeaux, où les autorités judiciaires tentent de contenir les violences liées aux trafics de stupéfiants.



