Un capitaine chinois condamné à Brest pour avoir défié la marine française
Le tribunal correctionnel de Brest a rendu un verdict sévère lundi 30 mars, condamnant le capitaine du navire pétrolier Boracay à une peine d'emprisonnement ferme et une amende substantielle pour refus d'obtempérer face aux autorités maritimes françaises. Cette affaire, qui remonte à une opération menée en septembre dernier au large des côtes bretonnes, met en lumière les tensions internationales autour de la flotte fantôme russe et le respect du droit maritime.
Une peine conforme aux réquisitions du parquet
Chen Zhangjie, commandant chinois âgé de 39 ans, a été condamné à un an de prison ferme et à une amende de 150 000 euros. Le tribunal a également émis un mandat d'arrêt à son encontre, car il n'était pas présent lors de la lecture du jugement. Cette décision judiciaire fait écho aux réquisitions du parquet formulées lors de l'audience du 23 février, où le substitut du procureur Gabriel Rollin avait souligné la particulière mauvaise volonté du capitaine.
Selon les autorités françaises, cette attitude a contraint les militaires à effectuer une manœuvre dangereuse, de nature à engendrer un accident. L'opération s'est déroulée le 27 septembre 2025, lorsque la marine française a tenté d'inspecter le Boracay, un pétrolier de 244 mètres de long naviguant sans pavillon visible dans les eaux internationales près de l'île d'Ouessant.
Contexte international et implications
Le Boracay, appartenant à la flotte fantôme russe et sous sanctions européennes, transportait une cargaison de pétrole russe à destination de l'Inde. Avant son arraisonnement, le navire avait hissé un faux pavillon béninois, ajoutant à la complexité de l'affaire. De plus, il était suspecté d'être impliqué dans des survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois en septembre, bien que la justice française ne se soit pas saisie de ce volet.
À bord du pétrolier, deux employés d'une société de sécurité privée russe étaient chargés de surveiller l'équipage et de collecter du renseignement. Aujourd'hui rebaptisé Phoenix, le navire arbore désormais un pavillon russe, témoignant des évolutions continues dans cette affaire maritime.
Défense et arguments juridiques
Lors de l'audience, l'avocat de Chen Zhangjie, Me Henri de Richemont, a plaidé la relaxe en invoquant des arguments juridiques fondés sur le droit international. Il a soutenu que son client ne pouvait pas être jugé par un tribunal français pour des faits survenus dans les eaux internationales. Selon lui, en cas de refus d'obtempérer, Chen Zhangjie devrait être traduit devant un tribunal chinois, conformément à la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.
Cette défense met en avant les débats sur la juridiction et la souveraineté en matière de droit maritime, soulignant les tensions entre les législations nationales et les accords internationaux. Malgré ces arguments, le tribunal de Brest a maintenu sa compétence et prononcé une condamnation ferme, reflétant la détermination des autorités françaises à faire respecter l'ordre en mer.



