Cancer du sein : une affaire d'ablation non consentie devant la justice européenne
Ce mercredi 1er avril 2026, la Grande Chambre de la Cour Européenne des Droits de l'Homme examine une affaire médicale particulièrement sensible concernant une patiente espagnole ayant subi une ablation non prévue de la plaque aréolomamelonnaire lors d'une chirurgie contre le cancer du sein. Cette audience représente l'ultime recours dans un combat judiciaire qui dure depuis plusieurs années pour cette femme dont le consentement éclairé n'a pas été respecté.
Les faits de l'affaire remontent à 2017
L'histoire commence à Madrid en 2017, lorsqu'une patiente traitée pour un cancer du sein accepte de subir une chirurgie dite conservatrice. Cependant, pendant l'intervention chirurgicale, les médecins décident d'élargir la zone d'ablation suite à l'analyse de tissus en temps réel. À son réveil, la patiente découvre avec effroi qu'on lui a retiré la plaque aréolomamelonnaire, un geste qui n'était absolument pas prévu dans le formulaire de consentement qu'elle avait signé avant l'opération.
Le long parcours judiciaire de la patiente
La justice espagnole avait initialement rejeté les plaintes de la patiente, invoquant l'urgence de la sécurité oncologique pour justifier cette modification de dernière minute. Pourtant, en juin 2025, la Cour Européenne des Droits de l'Homme avait donné raison à la patiente, estimant que son droit à l'intégrité physique et à la vie privée avait été violé. L'Espagne a toutefois obtenu un ultime recours devant la formation suprême de la Cour, ce qui explique l'audience de ce mercredi.
Les délibérations de la Grande Chambre débuteront à la suite de cette audience cruciale. Cette affaire met en lumière plusieurs questions fondamentales :
- Les limites du consentement éclairé en chirurgie oncologique
- L'équilibre entre urgence médicale et droits des patients
- La responsabilité des équipes médicales face aux décisions peropératoires
- La protection des droits fondamentaux dans le cadre des soins de santé
Cette affaire pourrait établir un précédent important concernant les droits des patients atteints de cancer en Europe, particulièrement en ce qui concerne les interventions chirurgicales où des modifications sont apportées pendant l'opération sans le consentement explicite du patient.



