Un drame de violences conjugales jugé à Béziers
Un jeune Sétois de 21 ans a été condamné à cinq ans de prison par le tribunal de Béziers pour des faits de violences intrafamiliales ayant dégénéré en agression au couteau contre un voisin intervenant. Les événements se sont produits le 17 février dernier rue Victor Hugo à Béziers, où le couple s'est violemment disputé, attirant l'attention des riverains.
Un voisin poignardé en tentant de s'interposer
Alerté par les cris, un voisin a tenté de séparer le couple en conflit. En réponse, le jeune homme lui a asséné un coup de couteau qui s'est enfoncé de sept centimètres au niveau de la hanche, fracturant l'os selon le médecin légiste. Après cette agression, le prévenu a pris la fuite, déclenchant une cavale de plus d'un mois avant son interpellation.
Lors de l'audience du 19 mars, le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, a décrit un individu dangereux : "Nous sommes face à un individu qui a voulu effacer sa compagne de la société en la privant des réseaux sociaux et de son téléphone. Il n'a pas supporté qu'un homme vienne se mêler à sa dispute." Le magistrat a requis cinq ans d'emprisonnement et la révocation d'un sursis probatoire de deux ans.
La compagne minimise les violences
Malgré la gravité des faits, la jeune femme a défendu son compagnon devant la cour : "Nous nous insultons, on se met des gifles, mais en aucun cas je ne suis une femme battue. On s'aime depuis l'âge de 11 ans. Il n'a pas besoin d'aller en prison. Il doit juste se soigner." Une position qui a contrasté avec l'avertissement du procureur : "N'avez-vous pas peur d'être sa prochaine victime ? Parce que vous devriez !"
Un passé judiciaire chargé
Le prévenu n'en était pas à sa première condamnation. Quelques mois plus tôt, il avait écopé de deux ans de prison avec sursis pour avoir tiré en l'air sur des personnes qui l'importunaient, détruisant les vitres d'une voiture. Peu après, le tribunal de Marseille l'avait condamné à un an de prison avec sursis probatoire de deux ans pour des faits liés à un point de deal.
Lors de sa garde à vue, il avait même agressé une policière, justifiant son comportement par la mauvaise odeur de la cellule : "La colère est montée." Devant le tribunal, il a maintenu sa version : "Je n'ai fait que me défendre. Si j'ai fait ça, c'est parce que je ne prends plus mon traitement médical."
Défense et verdict
L'avocate de la victime du coup de couteau, Me Lisbeth Andreu, a insisté sur le statut de son client : "Mon client est une victime. Cela ne se discute pas." La défense, menée par Me Marc Gallix, a jugé la peine requise disproportionnée : "Cinq ans pour un coup de couteau, c'est extrêmement lourd. Ils s'aiment depuis l'âge de 11 ans. Il a de vrais problèmes de santé, il faut le soigner."
Malgré ces arguments, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Le prévenu a été incarcéré à l'issue de l'audience pour cinq ans de détention : trois ans pour le coup de couteau et deux ans pour la révocation de son sursis. Une interdiction de contact avec sa compagne et une interdiction de séjour dans l'Hérault ont également été prononcées.



