Barbara Lefebvre convoquée en justice pour ses propos sur Gaza
La chroniqueuse Barbara Lefebvre, connue pour ses interventions sur RMC, est à nouveau confrontée à la justice. Elle a été convoquée pour le 23 septembre prochain devant la 17e chambre correctionnelle de Paris pour répondre d'accusations d'apologie de crime contre l'humanité et de provocation à la haine raciale. Ces poursuites font suite à des déclarations tenues sur la chaîne i24 News en février 2025, où elle avait appelé à « vider la bande de Gaza », reprenant une proposition du président américain Donald Trump.
Des propos qualifiés d'apologie de crime contre l'humanité
Lors de cette intervention, Barbara Lefebvre avait déclaré : « La bande de Gaza doit devenir une zone vierge. (...) Il faut vider la bande de Gaza » et « Il faut que ces gens-là aillent vivre ailleurs ». Ces propos ont suscité une vive polémique et ont conduit à une enquête judiciaire. Son avocat, Me Michel Laval, a indiqué que sa cliente « conteste cette qualification » et qu'elle comparaîtra également pour « provocation à la haine raciale ».
Une précédente condamnation pour injure publique
Cette nouvelle convocation intervient quelques semaines après une première condamnation de Barbara Lefebvre à une amende de 1 000 euros pour injure publique. Le 15 avril 2026, le tribunal correctionnel de Paris l'a reconnue coupable de propos tenus en 2024 sur RMC et RMC Story à l'encontre des gens du voyage. Elle avait alors déclaré : « Non, ils n'ont pas les codes d'une société civilisée. Alors ils vivent selon leurs règles. Les gens du voyage, les machins. » Elle a fait appel de ce jugement.
Réactions et conséquences professionnelles
À la suite de ses propos sur Gaza, les syndicats SNJ et CGT de RMC BFM ont demandé son retrait de l'antenne, estimant que « le caractère haineux de ses propos ainsi que la désinformation » ne font « aucun doute ». RMC a alors annoncé que, « d'un commun accord », Barbara Lefebvre suspendait « temporairement sa participation » à l'émission « Les Grandes gueules ». Elle doit y faire son retour en mai prochain. Le groupe RMC BFM a réaffirmé « son engagement dans la lutte contre toutes les formes de discriminations » tout en rappelant « son attachement au respect de la présomption d'innocence ».
Une défense qui invoque la liberté d'expression
Sur le réseau social LinkedIn, Barbara Lefebvre a tenu à se défendre en précisant qu'« être renvoyée devant une cour ne fait de vous ni un coupable, ni un condamné, ni un délinquant (de la parole) ». Dans une « mise au point » publiée sur le site d'i24 News, elle avait assuré que « vider Gaza » ne « signifie en rien exterminer les Palestiniens ». L'association SOS Racisme, partie civile dans l'affaire des propos sur les gens du voyage, s'est félicitée du rappel par le tribunal que « ces déclarations contribuent à nourrir des préjugés profondément ancrés et donc un racisme qui ne doit pas avoir de place dans le débat public ».



