Procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty : le parquet général requiert vingt ans de réclusion
Gaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, a quitté le Palais de justice de Paris le 26 janvier 2026, alors que le procès en appel de l'assassinat de son frère connaît des développements judiciaires marquants. Ce dossier, souvent décrit comme sans équivalent, voit sa cohérence pénale se complexifier à mesure que les audiences avancent.
Des réquisitions sévères qui doublent les peines initialement demandées
Vendredi 27 février, après quatre heures de réquisitoire, le ministère public a formulé des demandes de peines particulièrement lourdes. Il a requis vingt ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste à l'encontre de Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui. Ces deux hommes sont les auteurs principaux de la campagne de haine qui a conduit à la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, par un jeune Tchétchène radicalisé en octobre 2020.
La sévérité de ces réquisitions constitue une première surprise dans ce procès. En effet, lors du premier procès en décembre 2024, Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui avaient été condamnés respectivement à treize et quinze ans de réclusion criminelle. À l'époque, le Parquet national antiterroriste (PNAT), qui représentait alors le ministère public, n'avait requis que dix et douze ans de prison contre eux.
Un changement de parquet et une évolution notable des demandes pénales
En l'espace de quatorze mois, la charge de porter l'accusation est passée des mains du PNAT à celles du parquet général. Cette transition s'accompagne d'une augmentation significative du quantum des peines requises devant la cour d'assises d'appel spéciale de Paris. Les demandes ont pratiquement doublé, passant de peines maximales de douze ans à vingt ans de réclusion criminelle.
Cette évolution soulève des questions sur la cohérence de la réponse pénale dans ce dossier complexe. Les avocats de la défense pourraient contester cette hausse substantielle, arguant d'une possible inégalité de traitement ou d'une appréciation différente des faits entre les deux parquets.
Le procès continue de suivre son cours, avec des audiences qui devraient se poursuivre dans les prochaines semaines. Les parties civiles, dont la famille Paty, attendent avec attention les décisions finales de la cour d'appel, espérant que justice sera rendue pour Samuel Paty, dont la mort a profondément marqué la société française.



