Un procès en appel pour le meurtre d'un retraité à Floirac
La cour d'assises de la Dordogne va examiner en appel, du lundi 23 au jeudi 26 mars, le cas de Bilal Hamdan et Vincent Lehmann, accusés de complicité de meurtre. Ces deux hommes font partie des quatre adolescents condamnés en novembre 2024 par la cour d'assises de la Gironde à Bordeaux pour le meurtre d'un retraité de Floirac au printemps 2021. Reconnus coupables d'avoir frappé à mort la victime, ils avaient été condamnés à quatorze ans de réclusion criminelle chacun.
Les faits d'une violence extrême
Le 10 avril 2021, le corps sans vie de Pierre Sourgen, un sexagénaire, était retrouvé dans un local technique de sa résidence à Floirac. Il gisait dans le sang, le visage fracassé à coups de pied. L'enquête a révélé qu'un groupe de jeunes, venu squatter les lieux pour boire et fumer en ignorant les règles sanitaires, avait probablement été dérangé par le retraité.
Pour une remarque jugée déplacée ou sans raison apparente, Pierre Sourgen a été empêché de sortir, insulté, agressé, puis roué de coups de pied jusqu'à tomber au sol après une balayette. L'autopsie a conclu à une mort suite à « un fracas facial majeur », vraisemblablement causé par un violent écrasement.
Un premier procès marqué par la sévérité
Lors du procès en première instance, l'avocat général, Michel Pellegry, avait qualifié l'acte de « meurtre d'une sauvagerie inouïe » et requis la condamnation des quatre garçons pour meurtre, arguant que chacun avait porté des coups de pied potentiellement mortels. Malgré les plaidoiries des avocats de la défense, qui demandaient une requalification en violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la cour d'assises n'a pas suivi leurs arguments.
Romain Barros, identifié comme le principal auteur, a écopé de la peine la plus lourde, soit vingt ans de réclusion criminelle, et n'a pas fait appel. En revanche, Bilal Hamdan et Vincent Lehmann, condamnés à quatorze ans chacun, ont interjeté appel, nourrissant l'espoir de voir disparaître le chef de complicité de meurtre lors de ce second jugement.
Le verdict attendu et d'autres affaires en appel
Le verdict de la cour d'assises d'appel de la Dordogne sera rendu au plus tard le jeudi 26 mars au soir. Par ailleurs, cette session judiciaire se poursuivra avec deux autres affaires importantes :
- Du vendredi 27 au lundi 30 mars à Périgueux, un homme sera jugé pour récidive de viol commis par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Il sera défendu par Me Costes et Me Amorim, tandis que la partie civile sera assistée par Me Puybareau.
- Du mardi 31 mars au jeudi 2 avril, un autre procès en appeal concernera un homme accusé de viol et d'agression sexuelle sur un mineur de 15 ans en récidive, ainsi que de violences sans incapacité sur un mineur et sur une personne liée par un pacte civil de solidarité. Assisté par Me Takhedmit et Me Bassole, il fera face à quatre parties civiles défendues par Me Gomez et Me Bris.
Ces audiences soulignent l'importance de la justice d'appel dans la réévaluation des décisions judiciaires, notamment dans des affaires criminelles graves comme celle du meurtre de Floirac.



