Procès en appel du viol présumé d'une étudiante par trois rugbymen à Bordeaux
Appel du procès pour viol de trois rugbymen à Bordeaux

Le procès en appel de trois anciens rugbymen pour viol s'ouvre à Angoulême

L'Irlandais Denis Coulson, le Français Loïck Jammes et le Néo-Zélandais Rory Grice comparaissent depuis ce mercredi devant la cour d'assises de Charente à Angoulême. Ils font appel de leur condamnation pour le viol en réunion d'une étudiante bordelaise, âgée de 20 ans au moment des faits, survenu dans la nuit du 12 mars 2017 à Mérignac, en Gironde.

Une affaire aux faits particulièrement graves

En première instance, en décembre 2024, la cour d'assises de Gironde les avait jugés coupables. Denis Coulson et Loïck Jammes avaient écopé de quatorze ans de réclusion criminelle, tandis que Rory Grice était condamné à douze ans. Les avocats de la partie civile avaient qualifié les faits de « viol épouvantable », évoquant l'introduction d'objets – une banane, une bouteille d'eau et une béquille – dans des actes qui pourraient « s'apparenter à des actes de torture ».

Les événements se sont déroulés dans la chambre 908 d'un hôtel de Mérignac, après un match du Top 14. L'un des accusés avait parlé d'« une troisième mi-temps qui a mal tourné ».

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Le huis clos et la question centrale du consentement

Le procès en appel a débuté sous le sceau du huis clos, ordonné dès 13h37 ce mercredi, après la constitution tardive du jury populaire composé de cinq hommes et quatre femmes. Comme lors du premier procès, la cour a accepté la demande des avocats de la victime, qui estiment que leur cliente « souffre des stigmates de faits traumatisants » et n'a « pas la force d'affronter une audience publique ».

L'alcool et la notion de consentement sont au cœur des débats. Dès le début de l'enquête, la plaignante avait déclaré aux gendarmes avoir trop bu « pour pouvoir réagir et dire non ». Un expert toxicologue a estimé son alcoolémie entre 2,2 et 3 grammes par litre de sang au moment des faits.

Deux visions radicalement opposées des événements

La défense, menée par Me Corinne Dreyfus-Schmidt pour Denis Coulson, conteste fermement la version de la partie civile. Elle estime la peine de première instance « déraisonnable et excessive ». L'avocate a évoqué une vidéo de 55 secondes filmée par son client lors des actes, qui montrerait selon elle une jeune femme « active, aux mouvements coordonnés ».

« Tous étaient alcoolisés et ne l'ont jamais contrainte à rien, c'est toute la difficulté du dossier », a déclaré Me Dreyfus-Schmidt lors d'une suspension d'audience.

À l'opposé, Me Anne Cadiot-Feidt, avocate de la plaignante, insiste sur l'état de vulnérabilité extrême de sa cliente. « Le procès ne doit pas seulement interroger la question du consentement mais celle d'un être humain proche du coma, à qui l'on doit porter secours […] mais qui a été utilisé comme un ballon que l'on se passe de l'un à l'autre », a-t-elle affirmé.

Un procès qui s'annonce intense jusqu'au 3 avril

Les débats s'annoncent particulièrement tendus, avec deux camps bien distincts qui se font face : quatre avocats pour la partie civile et sept pour la défense, dont des figures renommées comme Me Jean-Yves Le Borgne, connu pour avoir défendu Éric Woerth et Carlos Ghosn.

Le procès, présidé par Marie-Dominique Boulard-Paolini, doit se poursuivre jusqu'au vendredi 3 avril. Dans le secret du huis clos, les jurés devront trancher sur des questions complexes où l'ivresse et la perception du consentement joueront un rôle déterminant.

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