Un ancien teufeur face à la justice pour une longue liste de délits
Un homme de 35 ans, ancien adepte des rave-parties et consommateur de drogues, a comparu mercredi 4 mars devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Il est poursuivi pour pas moins d'une vingtaine de faits délictueux commis entre 2018 et 2023 dans plusieurs départements, dont l'Aude, l'Hérault, le Puy-de-Dôme et le Var.
Une escalade délinquante sur cinq ans
Les accusations portent sur un large éventail d'infractions : vols, recels, refus d'obtempérer, conduite sous l'emprise de stupéfiants et usurpation d'identité. Le prévenu est notamment soupçonné d'avoir donné l'identité de son frère aux forces de l'ordre pour échapper à la justice, mettant ainsi son propre frère en danger d'incarcération.
La présidente du tribunal, Sandrine Lalande, a évoqué lors de l'audience le parcours marginal du trentenaire et sa position "anti-système" revendiquée. Le prévenu vivait dans un camion aménagé sur un terrain partagé avec d'autres personnes, où le groupe utilisait une Peugeot 205 équipée de deux plaques d'immatriculation différentes.
L'accident avec délit de fuite qui divise
Parmi tous ces faits reprochés, un seul est contesté par la défense : un délit de fuite après un accident survenu le 25 janvier 2018 à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier. Ce jour-là, un motard rentrant du travail a été percuté et gravement blessé, passant six semaines à l'hôpital.
L'avocate de la victime a souligné la gravité des faits : "Il a failli perdre la vie. On aurait pu lui rouler dessus. Même un animal, on ne l'aurait pas laissé au bord de la route". La description physique du conducteur fournie par les témoins ne correspondrait cependant pas à la morphologie du prévenu, selon son avocat, Me Guillaume Raymond.
Une attitude jugée désinvolte
L'attitude du prévenu durant les débats a irrité plusieurs parties. L'avocate de la partie civile l'a qualifié de "désinvolte", tandis que la procureure Audrey Galaud s'est dite consternée de l'entendre déclarer qu'il préfère encore aujourd'hui fumer un joint le soir plutôt que de prendre des médicaments, "alors qu'il dit lui-même avoir gâché sa jeunesse à cause de cela !".
La magistrate a rappelé les difficultés rencontrées pour appréhender l'individu, qui ne répondait pas aux convocations : "Il a fallu lui courir après". Elle lui a lancé : "Il est temps de payer sa dette".
La défense tente de restaurer une image
L'avocat de la défense a cherché à présenter son client sous un jour plus favorable. "Il n'a pas exprimé de regrets mais il a exprimé sa honte. C'est plus puissant, car la honte est un moteur", a-t-il plaidé, ajoutant que son client avait déclaré vouloir "reprendre sa vie en main".
Me Raymond a également rappelé que son client avait bénéficié d'une réduction de peine exceptionnelle pour avoir défendu un surveillant pénitentiaire violemment agressé par un détenu. Pour l'accident avec délit de fuite, il plaide la relaxe, mettant en doute la fiabilité des identifications par témoins.
Les réquisitions et la décision à venir
La procureure a requis :
- 4 ans de prison dont 12 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans
- Une obligation de soin en addictologie
- Une obligation de travailler
- L'indemnisation de la victime
Le tribunal rendra sa décision le 19 mars prochain, mettant un terme à cette affaire judiciaire complexe qui mêle délinquance routière, usurpation d'identité et parcours de vie marginal.



