Un ancien chef de police municipale jugé pour harcèlement sexuel sur ses collègues
Ancien chef de police jugé pour harcèlement sexuel

Un ancien chef de police municipale jugé pour harcèlement sexuel

Un ancien chef de la police municipale de Villeneuve-lès-Avignon, aujourd'hui radié de ses fonctions, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nîmes ce mardi 14 avril. Le sexagénaire est accusé de harcèlement sexuel sur deux de ses anciennes subordonnées, des faits qu'il conteste fermement malgré des témoignages accablants.

Des propos et gestes déplacés répétés

Selon les déclarations entendues au tribunal, l'ancien responsable aurait tenu des propos "malsains" et "dégradants" à l'encontre de deux jeunes femmes travaillant sous ses ordres. Des gestes inappropriés, notamment des mains aux fesses ou sur la cuisse, auraient également été commis. L'une des plaignantes, Sarah*, arrivée comme agent de surveillance de la voie publique en mai 2022, aurait été particulièrement visée.

Le président du tribunal a résumé la situation en évoquant une évolution inquiétante : "Au départ, elle vous décrit comme quelqu'un ayant un comportement bienveillant, un côté paternaliste. Mais plusieurs mois après, elle dénonce des agissements malsains."

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Des témoignages qui révèlent un climat toxique

Parmi les propos reprochés figurent des phrases particulièrement choquantes : "Tu es comme un gâteau derrière une vitrine, on peut te voir, mais on ne peut pas te toucher, juste lécher la vitrine" ou encore "Si tu dis oui, tu ne serais pas déçue de l'expérience, il faut être ouverte."

L'avocat de l'une des victimes a décrit une jeune femme "tétanisée" par ces agissements, n'osant pas réagir immédiatement. "Elle n'a pas osé dire quoi que ce soit, elle était tétanisée", a-t-il souligné. La situation aurait tellement détérioré son état de santé que ses collègues l'auraient remarqué.

La défense minimise les faits

Face à ces accusations, le prévenu a reconnu uniquement des propos un peu "gras" mais nie catégoriquement tout contact physique. "Qui ne parle pas un peu gras dans sa vie ? Mais je ne parlais pas tout le temps comme ça, c'est faux. Et je n'ai jamais touché personne", a-t-il affirmé.

La défense a présenté deux témoins, dont une ancienne policière municipale qui a minimisé les comportements en les attribuant à l'humour particulier de l'accusé. "C'était son humour à lui. Il ne pensait pas à mal. On fait un métier de mec, il faudrait juger la moitié du commissariat dans ce cas-là", a-t-elle déclaré, un raisonnement que le président du tribunal a jugé difficilement acceptable.

Des réquisitions sévères du parquet

Le procureur Stéphane Bertrand a qualifié le dossier d'"accablant" et a fermement rejeté l'argument de la plaisanterie. "Un procès comme celui-ci, on peut l'avoir aujourd'hui, mais peut-être pas il y a 20-30 ans. On n'osait pas s'en plaindre. Mais fort heureusement, les choses ont changé", a-t-il déclaré.

Le ministère public a requis un an de prison, possiblement assorti d'un sursis probatoire, soulignant la gravité des faits et leur impact sur les victimes.

Une décision reportée

Me Tristan Musso, l'avocat de la défense, a plaidé la relaxe en insistant sur l'absence d'antécédent judiciaire de son client et sur ses 38 années de service sans incident. "Ce procès n'est pas celui de l'ancienne génération face à la société actuelle, mais c'est celui d'un dysfonctionnement de tout un service", a-t-il nuancé.

Le tribunal a finalement décidé de mettre sa décision en délibéré. La suite de cette affaire judiciaire sera donc connue le 12 mai prochain, date à laquelle le verdict sera rendu après délibération des juges.

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