Nicole Bigas, la présidente de l’association Confluences, qui organise le festival des Internationales de la Guitare à Montpellier, a été condamnée ce vendredi à 4 000 euros d’amende par la Chambre du contentieux de la Cour des comptes. Cette décision fait suite aux anomalies relevées par la Chambre régionale des comptes en juin 2024 dans la gestion de l’association, créée par Talaat El Singaby, décédé en mars 2025.
Des anomalies relevées par la chambre régionale des comptes
Cet arrêt est l’aboutissement d’une procédure engagée contre les dirigeants de l’association après le contrôle de sa gestion sur la période 2018-2022. Les poursuites concernant le directeur et fondateur Talaat El Singaby se sont éteintes après son décès, et seule Nicole Bigas a pu s’expliquer devant les magistrats lors d’une audience le 14 avril dernier.
Un vrai faux départ à la retraite
Pour la juridiction, Nicole Bigas a engagé des dépenses sans y être habilitée par son conseil d’administration. Ces dépenses incluent une indemnité de départ de 60 000 euros octroyée à Talaat El Singaby fin 2019, le maintien d’une rémunération nette mensuelle de 4 000 euros sans contrat de travail après ce départ considéré comme fictif, et l’augmentation du loyer annuel payé par l’association à une SCI appartenant au directeur en 2020. Il lui est également reproché d’avoir méconnu les règles relatives à l’exécution des dépenses, constituant une faute grave ayant causé un préjudice financier significatif.
Un préjudice estimé à 500 000 euros
Les conseillers évaluent le préjudice total subi par l’association à près de 500 000 euros, incluant 30 000 euros de dettes d’impôts réclamés par l’administration fiscale en janvier 2025 en raison de la gestion non désintéressée de l’association. La Chambre du contentieux observe que les manquements étaient délibérés, se sont poursuivis sur plusieurs années et ont fait l’objet d’écritures d’occultation en comptabilité. Sur la responsabilité de Nicole Bigas, l’arrêt note qu’elle est engagée en raison de sa part directe aux actes litigieux et de son abstention prolongée à faire cesser les désordres internes. Toutefois, les conseillers relèvent l’absence d’avantage personnel pour elle. Outre l’amende, la Chambre a décidé de publier son arrêt au Journal officiel. Nicole Bigas dispose de deux mois pour faire appel devant la Cour d’appel financière. Sollicitée, elle a indiqué ne pas vouloir réagir à chaud et attendre de rencontrer son avocat avant d’agir.



