Alès : deux jeunes au casier vierge condamnés pour trafic de stupéfiants
Alès : deux jeunes condamnés pour trafic de stupéfiants

Alès : deux jeunes au casier vierge condamnés pour trafic de stupéfiants

Le tribunal d'Alès a rendu son verdict dans une affaire de trafic de stupéfiants impliquant deux jeunes hommes sans antécédents judiciaires. Interpellés sur un point de deal notoire du quartier des Cévennes, ils comparaissaient ce lundi 16 mars devant la présidente de l'audience, Elodie Thebaud.

Une arrestation dans le quartier des Cévennes

Les faits remontent au soir du 13 mars, lorsque les policiers ont mis en place un dispositif de surveillance dans le quartier des Cévennes à Alès. Ils ont observé deux jeunes hommes effectuer des transactions suspectes et tourner autour d'un bâtiment avec un air inquiet. La vente de stupéfiants se déroulait de manière méthodique, en main propre, avec l'intervention d'un guetteur qui allait chercher les produits dans un massif de ronces.

Lors de l'audience, le premier prévenu, âgé de 20 ans, a déclaré ne pas comprendre pourquoi il se trouvait devant le tribunal. "Je suis venu voir ma tante à Alès. Je suis en vacances", a-t-il affirmé. La présidente, abasourdie, a répliqué : "Venir en vacances à Alès, rue du Lozère ?" Le jeune homme a maintenu sa version.

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Le second prévenu, âgé de 19 ans, a immédiatement reconnu les faits. "Oui, j'assume d'être un guetteur, mais pas un vendeur", a-t-il déclaré. Elodie Thebaud a cependant rappelé que les policiers l'avaient surpris dans le massif de ronces, un sac rempli de stupéfiants à la main.

Un casier judiciaire vierge

Fait marquant, les deux jeunes hommes n'avaient aucune condamnation à leur casier judiciaire. Le premier, en CAP, expliquait être venu à Alès pour fuir un contexte familial difficile dans le Var. Le second, originaire de Mauritanie, était en contrat "Jeunes Majeurs". La présidente a souligné que cette absence d'antécédents était "une chance".

"Une main tendue, mais une main de fer"

Nazeleh Karimi, auditrice de justice sous la responsabilité du procureur de la République, a dénoncé une "privatisation de l'espace public" par les trafiquants et évoqué un réseau de "drive de la drogue". Face au casier vierge des prévenus, elle a plaidé pour une "main tendue, mais une main de fer", demandant une peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire. "La prison peut être une porte d'entrée vers la récidive", a-t-elle argumenté.

Les avocats de la défense, Me Florence Mendez et Me Betty Noël, ont partagé ce constat. Me Mendez a défendu l'idée qu'une peine clémente était "la seule chance dans la vie" pour son client. Me Noël a quant à elle pointé le manque de preuves matérielles, notant que seul l'un des trois policiers ayant dressé le procès-verbal avait réellement vu la scène. Elles ont demandé la relaxe.

Le verdict du tribunal

Après délibérations, le tribunal d'Alès a suivi quasiment à la lettre les réquisitions du ministère public. Les deux jeunes hommes ont été condamnés à une peine de prison avec sursis probatoire. En outre, ils ont été frappés d'une interdiction de paraître à Alès pour une durée de trois ans. Ce verdict illustre la volonté de la justice de concilier fermeté et opportunité de réinsertion pour des prévenus sans antécédents.

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