Le footballeur Achraf Hakimi sera jugé pour viol : on vous résume l’affaire
Après plus de trois ans de parcours judiciaire, le footballeur marocain Achraf Hakimi, âgé de 27 ans, sera bien jugé pour viol devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine, a indiqué vendredi la cour d’appel de Versailles. Une « victoire judiciaire » pour la plaignante, une occasion d’« enfin » pouvoir « parler » pour le capitaine de l’équipe du Maroc. Ce vendredi 19 juin, la cour d’appel de Versailles a confirmé qu’Achraf Hakimi, qui dispute actuellement la Coupe du Monde 2026 avec les Lions de l’Atlas, sera bien jugé pour viol devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine. Dans un communiqué, l’instance estime ainsi que « les investigations menées durant l’enquête et l’information judiciaire ont conduit la chambre de l’instruction à dire qu’il existe des charges suffisantes à l’encontre » du footballeur, accusé de viol sur une jeune femme en 2023. Le « Nouvel Obs » revient sur l’affaire.
Le début de l’affaire
Achraf Hakimi, défenseur du PSG et capitaine de la sélection marocaine, est mis en cause pour des faits présumés qui se seraient déroulés dans la nuit du 24 au 25 février 2023 dans les Hauts-de-Seine. La jeune femme, alors âgée de 24 ans, se rend dans un commissariat et accuse le footballeur de l’avoir violée. Selon une source policière à l’époque des faits, la plaignante raconte avoir fait connaissance avec Achraf Hakimi en janvier 2023 sur le réseau social Instagram, une semaine après que celui-ci se soit séparé de son ex-femme et mère de ses deux enfants. Elle se rend chez lui, dans un VTC commandé par le joueur. Toujours selon ses dires, il l’aurait embrassée puis touchée sans son consentement avant de la violer. Elle serait ensuite parvenue à le repousser avant qu’une amie, contactée par SMS, vienne la récupérer.
Le parcours judiciaire
La main-courante déposée au commissariat le jour des faits fuit peu de temps après, le 27 février, dans « Le Parisien ». Une enquête préliminaire est ouverte et la victime présumée est réentendue pour déposer plainte accompagnée de son avocate Rachel-Flore Pardo. Le défenseur du PSG est, lui, aussitôt mis en examen et placé sous contrôle judiciaire le 2 mars. Une instruction est alors menée par plusieurs juges, entendant des témoins et procédant à des expertises psychologiques des deux parties. Même Kylian Mbappé, coéquipier d’Achraf Hakimi, est entendu. Une ordonnance de mise en accusation et requérant un procès pour viol contre le joueur est finalement rendue le 26 février 2026, et cite d’ailleurs, selon RMC, les propos du capitaine de l’équipe de France. Ce dernier renverra alors au mois de mai une nouvelle attestation pour préciser des déclarations. Achraf Hakimi et son avocate Fanny Colin font appel de cette ordonnance. Lors de l’audience devant la chambre de l’instruction en mai, le joueur demande un non-lieu pour les faits qui lui sont reprochés. La cour d’appel de Versailles en a finalement décidé autrement ce vendredi, mais la date du procès n’est pas encore connue.
La partie civile « soulagée »
Témoignant pour la première fois dans la presse dans un article de Mediapart publié jeudi 18 juin, Jeanne (prénom d’emprunt) a déclaré vouloir « un procès pour (se) défendre, pour être entendue ». « J’ai envie de me justifier. J’ai envie qu’on me croie », a-t-elle ajouté. Pour l’avocate de la partie civile, c’est un « soulagement d’avoir été entendue par la justice et d’avoir droit à un procès (…) après avoir été calomnié et traînée dans la boue par la défense d’Achraf Hakimi ». Jeanne continue à se sentir « seule, pas soutenue, pas comprise » face aux accusations de « manipulation » de la part du footballeur.
Achraf Hakimi dit attendre le procès avec « impatience »
Le capitaine du Maroc, dont l’équipe joue son deuxième match de Coupe du monde vendredi soir contre l’Écosse, a pour sa part toujours dénoncé une « fausse » accusation. À peine la décision rendue par la cour d’appel, le joueur a déclaré sur X attendre le procès « avec impatience ». Interrogée sur un éventuel pourvoi en cassation, l’avocate du joueur, Fanny Colin, ne se prononce pas. « Cette confirmation était attendue. Il n’est pas dit ici qu’il est coupable de quoi que ce soit, il est ferme dans sa défense », a-t-elle rappelé, précisant que son client « a beaucoup de choses à dire ».
« La justice m’a regardé dans les yeux et m’a dit : “Si vous n’étiez pas connu, il n’y aurait jamais eu d’affaire.” J’ai choisi de me taire pendant des années. J’ai pensé que rester digne, être patient et faire confiance à la justice permettrait que les bonnes décisions soient… » — Achraf Hakimi (@AchrafHakimi) June 19, 2026
Un soutien sans faille
Hakimi a été soutenu dès le début de l’affaire par son club du PSG qui avait affirmé dans un communiqué son « soutien au joueur qui a fermement démenti les accusations et fait confiance à la justice ». Cette affaire n’a pas remis en cause sa participation à la Coupe du monde, contrairement au milieu de terrain de l’équipe du Ghana, Thomas Partey. Lui aussi accusé de viol et d’agression sexuelle au Royaume-Uni, le tribunal canadien lui a refusé un visa pour entrer au Canada et il n’a pas pu disputer le match de Coupe du monde contre le Panama, mercredi, à Toronto. Hakimi a aussi reçu le soutien du Collectif Ultra Paris, le principal groupe de supporters, avec la banderole « Achraf, total soutien » et des chants en son honneur, au lendemain du renvoi de son procès pour viol devant la cour criminelle. « Merci pour le soutien », avait réagi sur Instagram le défenseur. « Cette banderole est une insulte aux victimes de viol. La victime est niée, l’accusé est ovationné. La lutte contre les violences sexuelles n’a pas encore fait son chemin dans le monde du football masculin », avait dénoncé auprès de l’AFP, Rachel-Flore Pardo.



