Plus de 200 victimes dans le réseau catholique des Lasalliens selon un collectif
200 victimes dans le réseau catholique des Lasalliens

Un collectif dénonce plus de 200 victimes dans les établissements lasalliens

Le réseau catholique des Lasalliens, géré par la congrégation fondée au XVIIe siècle par Jean-Baptiste de La Salle, est au cœur d'une affaire de violences révélée en janvier. Selon un collectif d'anciens élèves, plus de 200 victimes ont été recensées en France, principalement pour des violences physiques qualifiées de « tortures », ainsi que des violences sexuelles. Philippe Chemineau, fondateur du collectif, confirme ces informations à 20 Minutes, reprenant une enquête du journal Le Monde.

45 établissements concernés et des « clusters effroyables »

Actuellement, 45 établissements sont impliqués, certains décrits comme des « clusters effroyables » dans un communiqué du collectif. Parmi eux, figurent Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison, Saint-Genès à Bordeaux et Talence, Le Likès à Quimper, PIC Bézier et Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen. À Rouen, les témoignages de 27 anciens élèves ont permis d'identifier au moins cinq pédocriminels et une dizaine de bourreaux potentiels.

Témoignages glaçants de violences extrêmes

Une victime s'est exprimée sur Ici Normandie début février, relatant des faits d'une gravité exceptionnelle : « Le petit bout de chou de sept ans que j'étais était torturé, ficelé avec des cordes, pendu par les pieds. Les deux grands [élèves] dans la cour approchaient leur couteau de boucher pour m'arracher les yeux. C'était pour moi terrible, je faisais mes besoins instantanément dans ma culotte, j'étais terrorisé. C'est à cette époque que j'ai été tué. Ça a duré deux ans, à raison de deux fois par mois. »

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Affaire de Bordeaux : un instituteur accusé de viols

À Bordeaux, un instituteur, Gilles Delignac, est renvoyé devant la cour criminelle de la Gironde pour des viols sur 18 élèves et six agressions sexuelles, survenus entre 2008 et 2023. Il est accusé d'avoir organisé des « jeux du goût » où les yeux de fillettes étaient bandés, profitant de ces moments pour les violer. Démasqué lors d'une sortie scolaire, des fillettes ont reconnu sa main filmant avec son téléphone pendant qu'elles étaient sous la douche. Il est aussi visé pour voyeurisme sur mineur.

Responsabilité des adultes et alertes ignorées

Sophie Benayoun, avocate de deux victimes, interroge la responsabilité des adultes de l'école : « Il était connu des enseignants que Delignac s'enfermait dans la classe, et demandait aux filles de se changer dans la classe. » Une mère de famille avait alerté dès 2011 par courrier à la direction, comme confirmé par un père de victime, président de l'association de parents d'élèves.

Excuses de l'établissement et colère persistante

L'établissement a présenté ses excuses au journal Le Monde : « La défaillance passée a permis la continuation de ces actes inacceptables et l'établissement porte, en ce sens, une responsabilité morale évidente à l'égard des victimes. Nous présentons nos excuses les plus sincères aux victimes de ces actes odieux. » Cependant, Mathias Darmon, avocat d'une quinzaine de victimes, réagit : « Les excuses, c'est le minimum qu'on puisse attendre de l'établissement compte tenu de son inaction. Elles ont un goût d'amertume car le mal est déjà fait. La colère des parents n'est pas près de diminuer. »

Conflit avec la congrégation et demande de fonds de réparation

La congrégation des Frères des écoles chrétiennes, qui gère 150 écoles en France, a exprimé en mars son « déplaisir » face à une « campagne médiatique ». Son avocat, Matthias Pujos, affirme que le collectif n'a transmis aucun nom de victime à la cellule d'écoute, laissant la congrégation circonspecte sur les objectifs. Le collectif qualifie ces propos d'« abjects », estimant que chaque victime doit se présenter si elle le souhaite, et réclame la reconnaissance de responsabilités systémiques et la création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros.

Le collectif indique par ailleurs disposer de 15 témoignages supplémentaires au-delà de la trentaine de personnes identifiées par la justice, soulignant l'ampleur persistante de cette affaire.

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